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Les avantages de s’inscrire à la bibliothèque

Voilà bientôt une année que je me suis inscrite à la bibliothèque de Lausanne. Je suis tellement ravie de ce service et de toutes les possibilités qu’il offre que je voulais les partager avec vous dans un article. Vous êtes peut-être de celles qui disent j’aime acheter mes livres. En effet, je constate que la plupart des personnes à qui j’en parle me répondent ceci. C’est une position que je comprends totalement car j’étais exactement pareille, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai jamais souhaité m’inscrire dans une bibliothèque. Or, je ne sais pas pourquoi, l’année dernière, j’ai décidé de pousser les portes de celle de ma ville et de découvrir cet univers méconnu qui s’est vite révélé merveilleux pour moi. J’ai ainsi pensé à quelques-uns des principaux avantages. Si vous êtes vous aussi une adepte et que vous en avez d’autres en tête, n’hésitez pas à les laisser en commentaires afin d’étayer cette petite liste. En tous les cas, j’espère que cet article intéressera les grandes mais aussi les petites lectrices et qu’il vous donnera, peut-être, envie d’essayer vous aussi l’aventure des bibliothèques.

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Avoir accès à une importante diversité de contenus

Dans une bibliothèque, on trouve principalement des livres mais aussi des DVD, des CD, des livres audio et des livres numériques que l’on peut télécharger sur sa liseuse. A Lausanne, on peut également lire la plupart des quotidiens suisses ainsi que des magazines. Ce qui m’intéresse le plus, ce sont évidemment les livres au format papier : romans, autobiographies, bandes dessinées, guides de voyage (type Lonely Planet), des ouvrages d’histoire, de psychologie, d’informatique, de sociologie, des recueils de poèmes, des livres humoristiques. Je ne peux pas faire la liste de tous les genres que l’on retrouve à la bibliothèque mais le choix est si grand qu’on est sûre d’y trouver son bonheur.

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Lire des livres que l’on n’achèterait pas forcément

Le point précédent m’amène à celui-ci qui représente pour moi l’avantage principal. Il y a bon nombre de livres dont j’entends parler ici et là que j’aimerais lire sans avoir forcément envie de les acheter. Au-delà du prix se pose la question de la place. Lorsqu’on lit beaucoup, stocker tous ces ouvrages nécessite un grand espace pour les entreposer. Grâce à mon inscription à la bibliothèque, j’ai emprunté des dizaines de livres que je n’aurais probablement jamais lus si j’avais dû les acheter : un recueil de poèmes de Verlaine, Lait et Miel et The Sun and her flowers de Rupi Kaur, plusieurs romans d’Agatha Christie et de Stephen King, des ouvrages sur la méditation et la pleine conscience, les tomes II et III de l’Arabe du futur de Riad Sattouf ainsi que les trois volumes des Cahiers d’Esther du même auteur. Les bandes dessinées représentent typiquement le genre de livres que je veux lire mais pour lesquels je ne suis pas prête à dépenser une somme importante.

Un rayon est consacré au féminisme dans ma bibliothèque et c’est probablement le domaine où j’ai emprunté le plus de livres que je n’aurais jamais achetés. J’ai pu découvrir des recherches scientifiques, des essais ou des enquêtes sur une très grande diversité de thèmes féministes. Je retiens particulièrement celui de Mona Chollet « Beauté fatale, les nouveaux visages de l’aliénation féminine », un très bon ouvrage qui déconstruit les normes de la beauté féminine, et « Sang Tabou » de Camille Emmanuelle, consacré aux menstruations et aux tabous autour de ce sujet.

Je trouve que c’est également une bonne alternative pour les enfants. Petite, je me réjouissais d’aller chaque mois au Bibliobus pour chercher les livres que je lirais durant les quatre prochaines semaines. Ce sont bien souvent des petits livres que l’on ne lit qu’une fois et qu’il n’est pas nécessaire d’acheter. Cela peut être un joli rituel à instaurer avec ses enfants : se rendre une fois par mois avec eux à la bibliothèque et les laisser se promener dans les allées à la recherche de belles lectures.

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Lire les dernières parutions à leur sortie

Cette année, Elena Ferrante, Delphine de Vigan et Beigbeder ont sorti un nouveau roman. Ce sont mes auteurs préférés et j’achète de toute façon leurs livres. D’habitude, je dois patienter de nombreux mois afin qu’ils sortent en poche car j’ai la totalité de leurs œuvres dans ce format et pour des questions d’homogénéité, je ne veux pas compléter ma collection avec un grand format. Cette fois, j’ai pu les réserver à la bibliothèque et les lire quelques jours seulement après leur sortie.

Découvrir de nouveaux auteurs, thèmes & domaines

Ne pas avoir à débourser une certaine somme pour un livre que l’on n’est pas sûr d’apprécier permet de découvrir de nouveaux thèmes, de nouveaux auteurs, de nouveaux genres littéraires sans prendre trop de risque. Si parfois je me rends à la bibliothèque avec quelques ouvrages en tête, j’aime aussi y aller sans but précis et me balader dans les allées, lire les titres à la verticale, prendre un livre au hasard et lire la quatrième de couverture. J’ai découvert tant d’ouvrages de cette façon. Ce qui est bien, c’est que l’on peut prendre un livre sans se questionner plusieurs fois sur son utilité comme on peut le faire lorsqu’on l’achète. A la bibliothèque, on l’emprunte, on lit trois pages, et si on ne l’aime pas, on le ramène. Les livres sont classés par auteurs mais aussi par thèmes et domaines. Je me souviens m’être promenée dans le rayon Magie une fois et j’avais pris un livre par curiosité. Il y a tellement de découvertes à faire dans une bibliothèque !

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Le prix

En Suisse, il me semble que la majorité des bibliothèques sont gratuites. Dans les pays voisins, le prix n’est bien souvent pas excessif. Je me souviens qu’à Paris, je m’étais rendue dans celle de mon arrondissement pour me renseigner et l’abonnement était à moins de 50 euros par année. Lorsque l’on réfléchit au nombre de livres que l’on peut emprunter et lire durant douze mois à ce coût, l’investissement est rapidement rentabilisé. Les livres étant assez chers en Suisse, si on lit plusieurs ouvrages par mois le budget devient vite relativement conséquent. La bibliothèque permet d’assouvir sa passion pour la lecture à moindre frais.

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Consommer de manière durable

Quoi de plus écolo que d’emprunter un livre qui sera lu par des dizaines de personnes plutôt que l’acheter pour son utilisation personnelle ? Un livre utilise passablement de ressources pour sa production : papier, encre, impression, transport. Bien souvent, on ne le lit qu’une seule fois puis on le laisse sur une étagère. Lorsque l’on réfléchit à sa façon de consommer, envisager d’emprunter des livres peut totalement trouver sa place dans la mise en place de nouvelles habitudes de consommation plus douces pour l’environnement.

Et vous, êtes-vous inscrites dans une bibliothèque ? Quelles sortes de livres y empruntez-vous ? Si cela n’est pas le cas, cet article vous a-t-il donné envie d’essayer ?

Mes dernières lectures #5 – spéciale féminisme

On se retrouve aujourd’hui avec une nouvelle édition de mes dernières lectures. Depuis quelque temps, j’arpente le rayon féminisme de la bibliothèque de ma ville car je suis novice dans ce genre littéraire et j’avais envie de lire des écrits consacrés à ce sujet. Je vous présente ainsi quelques ouvrages très intéressants que j’ai particulièrement appréciés. Ils sont très accessibles, se lisent rapidement et simplement et sont riches en informations. J’y ai appris beaucoup et je ne peux que vous les recommander. Sang Tabou parle des règles, King Kong Théorie est un essai qui porte un regard très affiné sur notre société, C’est quoi être féministe est un petit ouvrage qui résume les principaux points du féminisme et enfin Les violences ordinaires des hommes envers les femmes aborde la violence psychique qui peut avoir lieu au sein des couples. J’espère que ces résumés sauront susciter votre curiosité !

SANG TABOU
CAMILLE EMMANUELLE

J’avais entendu Camille Emmanuelle dans un épisode de La Poudre et j’avais beaucoup aimé son discours. Je suis ensuite tombée sur son livre consacré aux règles à la bibliothèque et je l’ai pris sans hésitation. Dans Sang Tabou, Camille Emmanuelle dresse un large portrait de ce que sont les règles. Elle y parle de leurs fonctions, de la manière dont on les surnomme dans différents pays, des fausses croyances qui persistent encore sur les femmes indisposées (c’est d’ailleurs assez effrayant ce à quoi elles sont condamnées dans le monde de nos jours). Elle questionne ce tabou autour des règles, cette image de dégoût et de répulsion à quoi elles sont associées et rappelle simplement que, sans elles, aucun de nous ne serait sur cette terre. Elle aborde aussi l’ensemble des moyens de protection existants (tampon, coupe, flux libre, serviettes) et évoque les maladies et douleurs liées aux menstruations. En plus d’être très instructif, ce livre est vraiment très drôle et j’apprécie la plume fine et pertinente de Camille Emmanuelle. Un très bon ouvrage que je vous recommande pour vous aider à démystifier ce sujet.

Recommandation podcast sur le même thème : Sang Tabou de Arte Radio

KING KONG THÉORIE
VIRGINIE DESPENTES

Voici un ouvrage de Virginie Despentes un peu différents de ses autres livres puisque ce n’est pas un roman mais un essai qui a été publié en 2006. J’y ai appris beaucoup de choses sur sa vie que je ne connaissais pas jusque-là. Elle y relate son viol lorsqu’elle était plus jeune, son passé dans la prostitution mais offre aussi une réflexion profonde sur divers sujets comme la sexualité féminine et le fait que, dans notre société patriarcale, les corps des femmes sont mis à la disposition des hommes. Elle y livre ses vérités dans son style à elle, vif et tranchant. J’apprécie beaucoup sa manière d’écrire. Il y a tant de passages si justes dans cet ouvrage (ou du moins qui me paraissent si justes). Voici quelques citations qui valent mieux que de longs résumés :

« Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l’ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas. »

« Ça vaut le coup de porter des tenues inconfortables, des chaussures qui entravent la marche, de se faire péter le nez ou gonfler la poitrine, de s’affamer. Jamais aucune société n’a exigé autant de preuves de soumissions aux diktats esthétiques, autant de modifications corporelles pour féminiser un corps. »

Un très bon manifeste féministe qui se lit d’une traite.

C’EST QUOI ÊTRE FÉMINISTE ?
Annie Sugier

Ce livre fait partie d’une collection dans laquelle Émile, un collégien, interroge des personnalités sur différents thèmes. Dans celui-ci, il demande à Anne Sugier, physicienne, chimiste, militante féministe et présidente de la Ligue du droit international des femmes, ce qu’est le féminisme. En résulte un ouvrage très accessible dans lequel sont abordés les multiples aspects du féminisme. Anne Sugier y aborde les violences domestiques, l’importance de la laïcité et son lien avec les droits des femmes, elle définit le patriarcat, elle répond à la question de savoir si le féminisme est uniquement défendu par les femmes ou si les hommes peuvent également s’engager pour cette cause. C’est une très bonne porte d’entrée pour se renseigner sur le féminisme et ses grands thèmes.

LES VIOLENCES ORDINAIRES DES HOMMES ENVERS LES FEMMES
Philippe Brenot

Philippe Brenot est thérapeute de couple. Au cours de sa pratique, il rencontre quotidiennement des hommes et des femmes, en couple, qui se déchirent au fur et à mesure des années. Il a ainsi entamé une profonde réflexion sur les comportements de ces individus au sein de leurs relations et en a tiré un livre dans lequel il décrit les violences ordinaires des hommes envers les femmes. Ici, il ne parle pas forcément de violence physique mais surtout psychique. C’est une violence plus sournoise, moins frontale. Il parle de ces hommes qui fuient les responsabilités, qui se comportent comme des enfants, qui n’assument pas leurs actes, leurs rôles, leur implication dans la relation et dans la vie quotidienne, ceux qui n’écoutent jamais ce qu’ont à leur dire leurs femmes et qui n’arrivent pas à se mettre à la place de leur compagne. Il décrit également le comportement adopté par les femmes au sein d’un couple. Sans jeter la pierre à l’un ou à l’autre des conjoints, il propose aux hommes de se questionner sur ce qu’est être une femme pour tenter une meilleure compréhension de ce qu’elles vivent au quotidien. En voici un extrait :

« J’accuse les hommes, mes frères, de violences ordinaires envers les femmes. Ce que je dénonce, c’est la violence banale et quotidienne, la violence sourde et aveugle à l’existence féminine, héritière d’une domination masculine que beaucoup pensent disparue, mais qui reste le ferment de la mésentente conjugale. Depuis plus de vingt ans, j’écoute des femmes, des hommes, des couples faire part de ce qui les déchire, les éloigne et les sépare. Certains hommes sont violents par névrose, par psychose, par mélancolie. Ils sont peu nombreux. Je dénonce plutôt la violence des hommes qui le sont par modèle, par habitude, par répétition, par ignorance, par aveuglement. »

Un très bon livre qui explique une grande partie des problèmes des couples contemporains.

Connaissez-vous ces livres ? En avez-vous déjà lu un ?
Avez-vous lu d’autres ouvrages qui vous ont plu et si oui, lesquels ?