Changer sa façon d’envisager les problèmes

Dans un article précédent consacré aux podcasts, je vous parlais des épisodes de Change ma vie et des très bons conseils de son auteure pour améliorer sa façon d’envisager son existence. Il y en a un qui a particulièrement retenu mon attention et il s’agit de celui consacré au modèle mis en place par Brooke Castillo, une coach de vie américaine. Je me suis alors rendu sur le site internet de cette dernière où elle propose elle aussi des tas de podcasts consacrés au développement personnel. En l’écoutant parler et en réfléchissant à l’écriture de cet article, j’ai réalisé que j’utilisais bien souvent, et sans le savoir, le modèle qu’elle proposait. Je vais vous l’exposer plus en détail ci-dessous avec des expériences concrètes mais avant cela, il est important de voir l’impact et l’importance des émotions sur notre manière d’agir.

Avez-vous déjà remarqué à quel point nos émotions participent à définir notre comportement et nos pensées ? C’est un véritable jeu de domino où chaque élément conditionne et entraîne le suivant : un fait se produit, on y applique une pensée, de laquelle va découler un ressenti, qui lui-même conditionnera la manière dont on va agir, qui aboutira à un résultat. Ce qui est intéressant lorsque l’on a compris que les faits s’enchaînent de cette façon, c’est que chaque être humain a le choix et la possibilité de décider ce qu’il pense et ressent. Nous sommes tous totalement libres de penser ce que l’on veut sur tous les évènements qui arrivent dans nos vies. Pourquoi devrait-on être ravagé lorsque l’on échoue quelque chose ? Pourquoi devrait-on envisager la perte de son emploi comme une catastrophe ? Pourquoi devrait-on se sentir coupable de tomber malade ? Brooke Castillo part du principe que les faits qui nous arrivent dans la vie sont neutres et ils le restent jusqu’à ce qu’on leur applique nos pensées. Quand on « pose » une pensée sur un évènement, on lui donne son orientation, on décide si on veut le voir positivement ou négativement, et ceci définira nos émotions et notre ressenti qui eux-mêmes influeront sur notre comportement.

A partir de ces éléments, on peut émettre l’hypothèse qu’un problème n’est un problème qu’à partir du moment où l’on décide que c’est un problème.

Avez-vous déjà remarqué que lorsqu’un problème survient dans notre vie, on reste bien souvent focalisé dessus et on passe la plupart de son temps à parler du problème en lui-même plutôt qu’à réfléchir à une solution ? Le désavantage d’agir ainsi est le suivant : le cerveau, par le mécanisme qu’on appelle le biais de confirmation, va rechercher toutes les informations qui vont dans le sens de notre pensée et du problème. On trouve ainsi toute l’eau nécessaire pour alimenter notre moulin à profusion. Plus on va parler du problème et se dire à quel point c’est affreux, plus le cerveau va chercher des preuves et retenir toutes les choses qui vont effectivement continuer à nous faire croire que c’est affreux. On va ensuite agir d’une certaine manière, qui sera la conséquence de nos pensées, et le résultat sera bien souvent en adéquation avec le fait que c’est affreux. Avez-vous remarqué que l’on est parfois dans des spirales positives, où tout roule comme sur des roulettes, où tout nous sourit et nous réussit ? Et d’autres, au contraire, où tout va mal ? Ceci s’explique très simplement. Plus on va bien, plus on se le dit, plus on est confiant et plus on croit en soit. Penser que l’on va réussir et y croire très fort nous met dans une dynamique telle que l’on entreprend tout ce qui est nécessaire pour y parvenir. Au contraire, en pensant qu’on est nul et qu’on va échouer, il y a bien des risques que cela soit aussi le cas. On voit donc à quel point les affirmations, tant positives que négatives, sont puissantes et conditionnent nos actions.

Attention, cela ne veut pas dire que l’on a pas le droit d’être triste ou embêté par les situations dérangeantes qui arrivent dans notre vie. Il ne s’agit pas non plus d’adopter une attitude démissionnaire, de s’en ficher ou de ne leur accorder aucune importance. La question ici est plutôt de réfléchir à ce que l’on peut mettre en place pour vivre toute situation inconfortable de la meilleure manière possible sans s’enfermer dans le désespoir.

COMMENT FAIRE ?

Maintenant que ces quelques éléments ont été posé, passons au schéma développé par Brooke Castillo que l’on peut appliquer dans chaque problème que l’on rencontre. Il s’agit d’un modèle sur 5 lignes où chacune est dédiée à un aspect spécifique. On peut le reproduire simplement à l’aide d’un papier et d’un crayon ou vous pouvez télécharger un modèle que j’ai créé ici. Lorsqu’une situation compliquée se présente dans votre vie, essayer de faire cet exercice. Vous verrez que c’est facile et amusant.

Voici comment il fonctionne :

Circonstances : il s’agit d’un fait, clair et précis, que l’on pourrait prouver dans un tribunal. En d’autres termes, c’est la situation qui nous pose problème.
Exemple : j’ai raté un examen.
Mauvais exemples : les appréciations du type « Je me sens nul » ou « Mon corps est horrible » ne sont pas des circonstances mais des pensées.

Pensées : les pensées qui surgissent en soi, dans notre esprit, après l’avènement de la circonstance.
Exemple : je suis nulle.

Sentiments / ressenti : il s’agit ici d’un mot, d’une sensation qui définit la manière dont on se sent et qui est causé par la pensée
Exemple : mauvaise estime de soi, sentiment d’infériorité.

Actions : manière dont on va agir en réaction aux sentiments. On peut ici se poser la question suivante : Comment est-ce que j’agis quand je ressens tel ou tel sentiment ?
Exemple : dans cet état de fragilité, je me renferme sur moi-même, je ressasse cet échec, je me focalise uniquement sur mes faiblesses.

Résultat : le résultat est la conséquence directe de nos actions.
Exemple : il est possible que j’abandonne mes études, que je perde totalement confiance en moi et mes capacités, que je continue de rater des choses, que je n’entreprenne plus rien, que la peur d’échouer me paralyse.

Maintenant, reprenons le même problème sous un angle différent :

Circonstances : j’ai raté un examen.

Pensées : il était difficile, je n’ai pas assez travaillé, je suis déçue mais pas vaincue.

Sentiments : motivation, désir de se surpasser.

Actions : je vais établir un plan de révision, voir sur quels points j’ai des lacunes, je demande de l’aide à quelqu’un pour les sujets que je ne comprends pas, je mets toutes les chances de mon côté.

Résultat : dans un tel état d’esprit, il est fort probable que je réussisse l’examen au prochain essai.

Vous voyez comment cela fonctionne ? Alors certes, l’échec de cet examen peut avoir des tas d’autres conséquences. Il peut impliquer de refaire une année ou éventuellement un échec définitif. Mais là encore, tout va dépendre de la façon dont on va envisager les évènements :

⋅ Refaire une année
Manière négative : c’est une année perdue, cela coûte beaucoup d’argent.
Manière positive : je n’aurai pas beaucoup de cours, je vais en profiter pour travailler à côté, j’aurai du temps pour réviser à fond cet examen, je vais profiter de cette année avec davantage de temps libre pour me consacrer à des choses que j’aime, je peux relativiser en me disant qu’au final, que représente une année dans toute une vie ?

⋅ Échec définitif :
Manière négative : ma vie est finie, je n’ai pas d’autres options.
Manière positive : cette voie professionnelle était-elle vraiment la bonne pour moi ? n’y a-t-il pas d’autres options pour arriver au même résultat ? que pourrait m’apporter le fait d’envisager une autre manière de mener à bien mon projet ? il est important decse donne le temps d’analyser cet échec et d’en tirer les bonnes conclusions et ceci, toujours de manière positive.

QUELQUES EXEMPLES

Pour illustrer davantage ce modèle et le rendre le plus compréhensible possible, je vais vous faire part de deux situations qui me sont arrivées dernièrement, l’une plus grave que l’autre, et la manière dont j’ai réagi et dont j’en ai fait des évènements positifs plutôt que négatifs. Comme je le disais plus haut, c’est en écrivant cet article que j’ai constaté que j’utilise cette méthode sans le savoir depuis quelques années. Je me souviens avoir décidé, un beau jour, d’essayer de relativiser la plupart des situations négatives qui arrivent dans ma vie. Alors bien sûr, je n’y arrive pas toujours, je suis parfois submergée par mes émotions et je ne parviens plus à faire la part des choses. Mais après un moment de doute, je retrouve bien souvent la voie positive. Je précise toutefois que je ne m’érige pas ici en modèle ou en exemple. J’utilise simplement ces faits concrets dans un but de meilleure compréhension du concept.

Exemple 1 : la perte d’un emploi

Circonstances : j’ai perdu mon ancien travail d’une manière soudaine et abrupte.

Pensées : ce fut difficile et éprouvant mais je fus soulagée car travailler là-bas était devenu très compliqué et j’y étais très malheureuse. J’ai envisagé cette épreuve comme un signe de la vie qui me disait qu’il était temps d’arrêter avec cela et de foncer vers de nouvelles perspectives.

Sentiments / ressenti : désir de profiter de cet évènement pour faire quelque chose de nouveau, regain d’énergie, motivation.

Actions : dans cette situation, j’avais deux options : soit chercher un nouveau travail, soit en profiter pour créer mon entreprise, quelque chose que j’avais envie de faire depuis longtemps.

Résultat : je me suis dit qu’il était temps de me lancer dans la création de mon entreprise car la situation s’y prêtait parfaitement. J’ai tout mis en œuvre pour réaliser ce projet et l’ouverture est pour bientôt.

Vous voyez, il aurait été possible de vivre cet évènement d’une toute autre manière. Me morfondre, me remettre en question, douter de mes compétences, me dire que c’est une catastrophe. Mais plutôt que s’enfermer dans cette spirale négative, n’est-il pas plus constructif pour soi d’en voir les bénéfices et tout ce que l’on peut en tirer ? J’aime penser que rien dans la vie ne nous arrive par hasard et que chaque épreuve peut être envisagée en positif si on sait chercher et trouver ce que cela nous apporte de bien. On n’obtient pas l’appartement pour lequel on a postulé, on n’est pas engagé dans l’entreprise que l’on rêvait, etc. Cet appartement ou ce job n’étaient probablement pas faits pour nous. Un meilleur logement et une entreprise plus adaptée à notre personnalité nous attendent quelque part. Il suffit simplement de continuer à chercher.

Exemple 2 : la valise manquante

Circonstances : cet été, arrivée à l’aéroport de San Francisco, ma valise n’était pas là.

Pensées : ça m’embête mais je ne peux rien y faire, je suis contente d’avoir mis les trucs importants comme mon ordinateur et mon appareil photo dans la valise de mon copain avant le décollage.

Sentiments : Espérance et confiance, on me dit que la valise arrivera le lendemain soir.

Actions : je ne m’inquiète pas plus que ça et n’y accorde pas beaucoup d’importance.

Résultat : je passe la journée suivante assez sereinement.

Le lendemain soir, j’en discute avec mon copain qui me dit qu’il aurait vécu la situation bien plus mal et que cela lui aurait gâché la journée. On voit bien ici à quel point nos pensées influencent nos actions et le résultat. J’aurais pu le prendre très mal, être angoissée, me dire qu’elle était perdue. Résultat : j’aurais gâché un jour entier de vacances à me morfondre plutôt que profiter d’être là-bas.

Bon, l’histoire ne s’est pas arrêtée là car malgré ce que l’on nous avait dit, la valise n’est pas arrivée le lendemain ni le surlendemain mais on a dû aller la rechercher à l’aéroport 4 jours après. J’ai pourtant vécu ces journées assez bien, sauf le samedi soir où j’étais très fatiguée après une grosse journée et dans ces cas là, j’ai du mal à être rationnelle. J’ai donc passé un mauvais samedi soir mais après une nuit de sommeil, c’était de nouveau bon. Si j’avais pris cet évènement de manière très négative, j’aurais gâché tout mon séjour à San Francisco. J’aurais passé de mauvaises journées, j’aurais été très inquiète, énervée et probablement désagréable avec mes compagnons de route. Cela ne l’aurait pas ramenée plus vite et n’aurait rien changé au fait que nous n’avons pu la récupérer que le lundi matin.

CONCLUSION

On voit avec ce modèle qu’il est possible de trouver une solution à chaque problème ou plutôt qu’il est possible de donner la signification que l’on souhaite à chaque situation difficile qui nous arrive. Chaque problème n’en est pas forcément un. On n’est jamais totalement coincé, sans plus aucun choix qui ne s’offre à nous. Il y a toujours d’autres alternatives, qui se cachent mais qui sont bel et bien là. Nous avons tous le pouvoir de nous concentrer sur la recherche d’une solution plutôt que sur le problème. Cette façon d’envisager la vie permet non seulement de vivre beaucoup plus facilement les éventuels échecs et moments difficiles qui ponctuent notre existence mais aussi de leur donner une signification toute différente. J’ai eu, comme tout le monde, des échecs dans ma vie. Pourtant, je ne les considère pas comme tels. J’ai vu chaque fois en eux une opportunité de faire autrement, différemment, comme un signe du destin me disant d’arrêter ou de prendre une autre voie. Quand je repense aujourd’hui à ces choses qui n’ont pas marché comme je le voulais, je constate que ce sont des expériences qui m’ont apporté davantage de positif que de négatif. Certes, il y a le regard des autres à gérer mais il y aura toujours des gens pour se réjouir de vos échecs, pour se moquer de vous et vous rabaisser. Mais là encore, en décidant de ne pas y prêter attention, en étant fier de soi, en se disant qu’au moins on a essayé, qu’on a osé, et en remarquant que ceux qui critiquent ainsi sont bien souvent ceux qui n’entreprennent pas grand chose car ils sont paralysés par leurs propres peurs, cela permet, une fois de plus, de beaucoup relativiser et de décider de ne pas se laisser atteindre.

J’espère que cet outil saura vous être utile autant qu’il l’est pour moi et qu’il pourra vous accompagner dans votre chemin vers le bonheur.

POUR ALLER PLUS LOIN

How to solve any problem par Brooke Castillo

Le modèle de Brooke expliqué par Clotilde Dusoulier

4 exemples du modèle de Brooke

Que pensez-vous de cette méthode ? Pensez-vous pouvoir l’appliquer dans votre quotidien ? Si vous vivez une situation problématique et que vous éprouvez des difficultés à utiliser ce modèle, n’hésitez pas à m’envoyer un e-mail !

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