Les chroniques du confinement #3

Les jours passent et se ressemblent, je n’ai pas assez de choses à raconter pour écrire quotidiennement. Alors je mets un peu tout pêle-mêle, comme ça vient.

On fait des trucs rigolos dans l’espace public, vous trouvez pas ? J’attends sur le palier que mon voisin passe mon étage pour que je puisse descendre, je marche sur la route quand je croise d’autres piétons, on garde nos distances dans les rayons du supermarché, je m’énerve intérieurement quand d’autres viennent me coller, le sécuritas à l’entrée de la Coop a droit à mon meilleur Bonjouuuur! puisque c’est la seule personne à qui je parle en face-à-face. Notre vie a tellement changé en cinq semaines, j’ai l’impression que c’était il y a cent ans qu’on était agglutinés les uns sur les autres.

On s’occupe comme on peut. Perso, j’ai nettoyé mes fenêtres la semaine dernière. Depuis il y a eu plein de pollen, et elles sont de nouveau toutes sales ! Toutes jaunes ! J’ai trop de temps pour remarquer ça. J’ai 102 ans.

Dimanche matin, à 5h40, un véhicule a klaxonné plusieurs fois juste en bas de chez moi. Comme j’ai 102 ans et que je suis une commère, je me suis levée et je suis allée voir qui était donc l’inquiet qui faisait tout ce raffut. C’était un mec dans une camionnette qui ne pouvait pas passer car un véhicule était mal garé devant l’immeuble d’en face. C’est une rue à sens unique, il devait être bien embêté (et en vrai je le plains). Mais bon sang, un peu de jugeote, à quel moment il s’est dit que klaxonner comme un sonné à 5h40 un dimanche matin était une bonne idée ? Dans un quartier rempli d’habitations et de gens qui dorment ? Pensait-il vraiment que la personne qui avait mal garé le véhicule allait venir ? Il y en a quand même quelques-uns qui n’ont pas été livré avec un cerveau complet.

J’espère que le télétravail ou l’arrêt du travail durant cette période aura des effets bénéfiques, pour celles et ceux à qui cela s’est appliqué et même pour celles et ceux qui ont dû continuer de se rendre sur leur lieu de travail, puisque tout le reste est fermé. Je vois plein de gens se questionner, réfléchir à ce qu’ils veulent vraiment pour la suite. Est-ce que c’est ça qu’on veut comme vie ? Travailler tout le temps, être toujours en train de courir, ne pas avoir beaucoup de temps pour soi ? Pour sa famille ? (Je dis cela en sachant que la majorité d’entre nous n’a pas le choix de faire autrement.)

On a eu l’occasion de voir, avec ce monde à l’arrêt, toutes ces initiatives qui ont émergées. Toutes ces activités qui nous sont proposées gratuitement en live sur les réseaux. Des concerts de nos chanteurs/chanteuses préféré.e.s, des séances de méditation et de yoga, des ateliers d’écriture, des cours divers, mais aussi des vidéos rigolotes avec des gens créatifs. Tout ça, ça n’arrive pas en temps normal parce qu’on est tous et toutes trop occupé.e.s. Et je trouve que c’est très triste. Cette situation m’a fait repenser au revenu universel, qui, je suis sûre, n’entraînerait pas un arrêt complet des forces de travail. Je pense même que la plupart d’entre nous continuerait de travailler, on travaillerait juste un peu moins. Et on serait bien plus heureux.

Quand j’entends Parmelin dire qu’il ne faut pas se reposer sur un « oreiller de paresse », ou le Centre Patronal qui écrit dans un communiqué qu’il faut qu’on arrête de rien foutre et vite se remettre à bosser (bien sûr en d’autres termes), ça me fait bien rire. C’est fou comme ça peut les déranger, les « grands » de notre monde, quand le peuple n’est pas occupé à temps plein. Occupé pour remplir les poches des grands patrons, on sait comment fonctionne le capitalisme. Cette inquiétude qu’on soit en train de se tourner les pouces, de « profiter » de ces merveilleuses aides étatiques. Du chômage pour lequel tou.te.s les salarié.e.s cotisent toute leur vie ou des prêts proposés aux indépendant.e.s qui devront de toute façon les rembourser (et en moins d’une année si on ne veut pas payer d’intérêts, car oui, ils ne sont garantis à 0% que pendant douze mois).

Je suis fatiguée de ce système capitaliste, de ces grands groupes comme la NZZ, un journal suisse allemand, qui nous propose une merveilleuse Une hier « SVP, pas de socialisme sous prétexte d’épidémie » (je cite)… mais qui mettent leurs employés au chômage tout en continuant de verser d’énormes dividendes à leurs actionnaires. Tant que ce sont les riches qui peuvent profiter de l’argent de l’État, tout va bien, on est tou.te.s content.e.s, c’est dans l’ordre des choses. Mais quand il s’agit de redistribuer les richesses plus équitablement, sans tout le temps se sucrer sur le dos des pauvres, alors là non, ouille ouille ouille, mais qu’est-ce que c’est que ces fainéants ! Je crois qu’il faut arrêter de se foutre de notre gueule, ça commence à se voir.

J’ai été malade en mars. Le coronavirus s’est probablement emparé de mon corps. C’est très certainement en faisant mes courses que coronavirus et ma personne ont décidé de se lier d’amitié. Je ne sais pas vraiment comment s’est passée la contamination mais, selon mon enquête rétrospective (j’ai un peu de temps à tuer ces dernières semaines), c’est soit par le panier de la Coop, soit en touchant un emballage, soit sur l’écran de la caisse libre-service. Le délai d’incubation aurait alors été de 5 jours. Mais ça peut aussi être lors de mon dernier jour de travail, le 11 mars, mais dans ce cas, on serait à douze jours d’incubation, ce qui paraît long, même si c’est plausible. Comme symptômes, j’ai eu de la difficulté à respirer, un peu comme si je venais de monter les escaliers en courant, j’ai eu un peu de fièvre et j’étais très fatiguée.

C’étaient des symptômes qui allaient et venaient. Parfois j’avais l’impression que j’étais guérie puis ça recommençait. J’ai remarqué qu’il ne fallait pas trop que je m’agite car si je vidais le lave-vaisselle, puis je prenais une douche, puis je rangeais quelques trucs (c’est fou ce qu’on fait comme trucs passionnants pendant ce confinement) alors j’avais plus de mal à respirer et il fallait que je m’allonge.

Je pensais avoir vaincu la maladie mais voilà que j’ai eu comme une réminiscence une semaine après les premiers symptômes. La pire journée. C’était un dimanche et je n’ai pas pu me lever avant 15h. J’avais de grandes difficultés à respirer. J’ai fait l’auto-évaluation sur le site du canton de Vaud puis j’ai appelé la hotline. La personne qui m’a répondu m’a dit que vu comme je respirais et parlais + les symptômes décrits, c’était très probable que j’ai le coronavirus. Elle m’a donné les consignes que je mets ici si cela peut servir à d’autres : si la difficulté respiratoire à cette intensité persiste, il faut appeler son docteur/sa doctoresse qui décidera quoi faire. Si on ne peut plus respirer, appeler le 144. En aucun cas, aller à l’hôpital de son propre chef. La dame m’a dit que la difficulté respiratoire est un effet du coronavirus, qu’il est désagréable mais qu’il n’y a rien à faire. Plus tard, j’ai commencé à avoir mal aux muscles (je ne sais pas trop comment décrire mais vous voyez le truc, comme quand on a mal partout avec la grippe), j’ai pris du paracétamol et je suis retournée dormir.

Je suis restée en quarantaine à la maison pendant 12 jours, sans aucune sortie. On m’a apporté les courses derrière la porte. Une fois, j’ai dû sortir ma poubelle. J’ai attendu minuit (pour être sûre de ne croiser personne), je me suis lavée les mains, j’ai mis des gants, un foulard devant le visage (pour ne contaminer aucune surface), et je suis descendue devant mon immeuble où se trouvent les containers. Je me disais « mes voisins vont appeler les flics ou se demander mais c’est qui cette tarée ? ».

Lorsque les dix jours étaient passés et que je n’avais plus de symptômes depuis 48h, j’ai pu remettre le nez dehors pour une petite balade. Ce sont les recommandations de l’OFSP si jamais cela vous arrive : 10 jours sans aucune sortie + attendre 48h après la disparition complète des symptômes. Heureusement que j’étais en auto-confinement volontaire pendant ma période d’incubation, ainsi, je ne l’ai pas transmis plus loin. J’ai réalisé à quel point ce méchant virus est contagieux car je suis vraiment très prudente quand je vais faire mes courses. Mais voilou. C’était mon destin lol.

La bonne nouvelle (je déconne), c’est qu’apparemment, on ne serait pas immunisé.e, même si on l’a eu. Moi qui pensais pouvoir aller en moonwalk à la Coop, c’est raté.

Sinon, j’ai regardé des séries trop cool : Virgin River, Toy Boy, la dernière saison de la Casa de Papel.

J’ai lu des livres qui m’ont bien plu : Le confident, Délivrances, Le jardin de l’ogre, L’Empreinte (mon coup de cœur).

Et j’ai écouté des podcast passionnants : Inceste et pédocriminalité, la loi du silence d’un Podcast à soi, Des ordis, des souris et des hommes des Couilles sur la table, La peur de grossir pendant le confinement qui met en lumière la grossophobie dans notre société, La solitude, pourquoi il faut l’accueillir d’Emotions et Faire le deuil de son travail idéal de Travail en cours.

Comme on est pas à un taux d’occupation maximal en ce moment, j’ai installé les Sims et Theme Hospital sur mon ordi. J’ai tellement joué à ces jeux dans les années 2000. Ça m’a rappelé plein de bons souvenirs !

J’ai un de ces looks depuis cinq semaines. Au point. J’admire ces personnes qui ont de beaux pyjamas assortis en velours ou en dentelles de soie. Des délicates petites nuisettes toutes jolies. Ici, on est plutôt sur du pull Spice Girls et du t-shirt Friends blanc avec des taches qui ne partent plus (la majorité des taches, c’est quand je mange mes kellogs au chocolat couchée sur le canapé, le bol sur mon sternum, et qu’il y a une goutte qui tombe sur le trajet jusqu’à ma bouche). La classe, on l’a ou on l’a pas, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise.

Les rares fois où je sors de chez moi je mets un training et un pull (j’ai abandonné les brassières depuis l’automne dernier – parce que sous plusieurs couches en hiver on voit pas les tétons et on sait toutes qu’il faut absolument cacher nos tétons sinon les portes de l’enfer s’ouvrent et on tombe immédiatement dedans). Ahhh ce confort. Pourra-t-on revenir un jour aux jeans ? Non non non.

Ça c’était mon dimanche de Pâques avec Paula the Pillow. On a bu des smoothies et mangé des chips avec du guacamole au soleil à Terrassa. Qu’est-ce qu’on a ri. Après on a fait un peu de yoga et on a vu le Pape dire, je cite, « Faisons taire le cri de mort, ça suffit les guerres ! Que cessent les avortements, qui tuent la vie innocente » et on s’est dit qu’on allait rester athées.

Comme vous étiez toutes et tous en train du faire du pain sur Instagram j’ai fait pareil. C’est vrai que c’est pratique pour en avoir du frais tous les jours. J’ai aussi préparé des brownies et du thé froid. J’ai l’impression de devoir cuisiner tout le temps, j’ai à peine fini de digérer que je dois déjà m’y remettre. Pas vous ?

Je fais désormais mes courses une fois par semaine. J’écris une grande liste avec l’ordre d’apparition des produits dans le magasin. Quand ma maman faisait ça quand j’étais petite, je me demandais comment elle pouvait savoir tout ça par cœur. Au stand des légumes, je fais ma petite prière (c’est quand même mieux d’éviter de tout toucher et tout retourner avec nos petites mimines pleines de microbes) Pitié, faites que cet avocat que je choisis avec mes yeux ne soit ni trop dur ni trop mou, faites que ces trois poivrons soient tous en bon état et que cet ail ne soit pas tout pourri.

J’ai retrouvé du PQ <3 En plus mon préféré ! Les bonheurs simples de la vie.

Aussi vite que possible mais aussi lentement que nécessaire.

Alain Berset (1972 – ), philosophe

On en est là.

Et vous, ça va ?

Quelques pistes pour commencer à être féministe

Être féministe ne va pas de soi. Je ne crois pas qu’on se réveille un jour en étant féministe. Je crois même, au contraire, que nous sommes tous et toutes sexistes et misogynes. Pour autant, ce n’est pas quelque chose que nous faisons sciemment et consciemment. Nous naissons neutres mais grandissons et évoluons dans une société sexiste et misogyne, dans une société patriarcale où les dominants sont les hommes, les dominées les femmes, et nous essayons plus ou moins de nous démerder dans ce foutoir. Depuis que nous sommes enfants, dès 3-4 ans déjà, on apprend que tout ce qui à trait aux filles est nul et tout ce qui a trait aux garçons a de la valeur. Il y a quelques jours, j’ai cherché les synonymes des mots « femme » et « homme » sur Synonymo. Essayez seulement, c’est éloquent. Pour femmes, on a bobonne, donzelle, pimbêche, maîtresse, femmelette, créature, épouse, commère, fille d’Eve, marâtre, nana, belle-mère, compagne, mère, nénette. Pour homme, on a être humain, âme, combattant, mâle, gaillard, drôle, soldat, naturel, célébrité, amoureux, garçon, sujet, individu, mari. Vous constaterez que, d’une part, les synonymes masculins sont beaucoup moins voire pas du tout péjoratifs alors que c’est le cas de la plupart des synonymes féminins, et d’autre part, que les femmes sont beaucoup plus définies par rapport à une autre personne (mère, fille, belle-mère, compagne) pendant que les hommes sont des combattants drôles et naturels.

En évoluant depuis toujours dans un contexte inégalitaire, renforcé par le degré de sexisme de la langue que nous parlons, nous finissons par en être imprégné. Si vous grandissez auprès de personnes racistes, si vous entendez des théories racistes à longueur de journée et des exemples vous prouvant que tous les étrangers sont mauvais, il y a de grands risques pour que vous développiez des idées racistes vous aussi. Et bien pour le sexisme, c’est pareil.

Sortir des préjugés, sortir de cette culture misogyne demande un effort qui a un terme : la déconstruction. Cela signifie entreprendre consciemment un processus durant lequel on dé-construit tout ce que l’on a appris depuis qu’on est enfant et qu’on prenait pour valeur sûre en remplaçant petit à petit nos certitudes par d’autres qui ne sont plus sexistes ni misogynes.

Je peux vous assurer qu’une fois passée de l’autre côté, on a plus du tout envie de revenir d’où on est partie. Cela dit, je ne vais pas mentir, c’est parfois difficile. C’est dur de remarquer les injustices à tous les coins de rue, c’est chiant de devoir arrêter un livre parce qu’après avoir lu 40 pages on remarque que tous les personnages féminins sont décrits comme idiots et sans substances pendant que les hommes y sont merveilleux et intelligents, c’est chiant de regarder Top Chef et de constater qu’il n’y a pas une meuf, c’est chiant de regarder Koh Lanta et de voir qu’ils ne présentent pas les femmes et les hommes de la même manière et qu’ils ne sont pas filmés de la même façon, c’est énervant de constater qu’il n’y a que des hommes autour de la table d’un plateau télé pour parler de la société ou de n’importe quel sujet, c’est usant de constater qu’au travail, 80% de tes collègues sont des femmes mais 98% de tes chefs sont des hommes. Tant qu’on a pas entamé ce processus de déconstruction, en règle générale, on ne remarque pas toutes ces choses. Elles nous paraissent normales et naturelles. Donc oui, il y a des désavantages à être déconstruit.e. Mais il y a tellement, tellement, tellement d’avantages à l’être que je prends volontiers le négatif qui va avec.

Je propose ainsi dans cet article quelques pistes d’entrée pour rejoindre ce monde merveilleux des féministes. Ce monde où on n’est plus d’accord qu’on se foute de notre gueule chaque fois qu’on ose l’ouvrir, ce monde où on n’est plus d’accord de voir nos copines être violées sans nous révolter, ce monde où on n’est plus d’accord de voir les journaux titrer « drame familial » ou « crime passionnel » alors que c’est un féminicide, ce monde où on n’est plus d’accord d’être sifflées et dérangées dans la rue, ce monde où on n’est plus d’accord de se coltiner la totalité du ménage, les courses, la préparation des repas et l’organisation de la maison juste parce qu’on est des femmes, ce monde où on n’est plus d’accord de ne regarder que des films faits par des mecs et pour des mecs où les femmes n’ont quasi pas de dialogues et sont filmées de haut en bas à chaque plan, ce monde où on est plus d’accord de baiser quand on en a pas envie, ce monde où les autres femmes ne sont plus des rivales mais des alliées, ce monde où on se sent quand même vachement plus en sécurité, écoutées et comprises. Venez les filles, on est tout plein à vous attendre de l’autre côté ♥

ÉCOUTER DES PODCASTS

Je crois que les podcasts constituent une très bonne porte d’entrée dans le féminisme. Ils n’impliquent pas une lecture longue ni une attention aussi soutenue que celle demandée pour lire un livre. Nous avons la chance d’avoir des contenus d’une qualité exceptionnelle depuis plus de trois ans et il serait dommage de passer à côté.

Ils peuvent s’écouter lorsque l’on conduit, quand on prend les transports, quand on fait du sport, quand on cuisine, quand on fait les courses, quand on fait un puzzle. Ils sont idéaux pour toutes les activités qui nous occupent les mains mais pas l’esprit.

– Pas son genre de Giulia Foïs

Un tout petit format pour démarrer en douceur. Giulia Foïs aborde plein de thèmes très intéressants sur lesquels s’interroger en quelques minutes seulement. Les textes sont incisifs et percutants, je les trouve parfaits pour commencer.

On voudrait nous faire taire, on ne s’y prendrait pas autrement | L’orgasme au féminin | Les sorcières : nouvelles icônes féministes | Le machisme, quand il ne tue pas il viole | Megan Rapinoe remporte le ballon d’or | Allemagne, quand une femme voilée ne fait pas scandale | Cadeaux de Noël

– Quoi de meuf

C’est le premier podcast féministe que j’ai écouté. Je conseille en particulier les épisodes de la première saison (j’ai moins suivi les saisons suivantes mais sans raison particulière et je ne doute pas que le contenu soit toujours au top). Ils sont vraiment très bien et on y apprend tout plein de choses dans une ambiance agréable et sympathique sous la forme d’une discussion. Elles y parlent de règles, de consentement, de réseaux sociaux, de drague, de charge émotionnelle, tout en recommandant des films et des séries qui leur ont plu.

– La Poudre de Lauren Bastide

J’ai beaucoup écouté La Poudre lors de ses débuts. Ce sont de longs entretiens avec des femmes contemporaines très inspirantes. C’est un podcast important car il nous permet d’entendre (enfin !) des femmes parler pendant des heures et des heures de leurs histoires et de leurs ressentis qui forcément résonnent en nous.

Pénélope BagieuEmma | Ovidie | Helena Noguerra | Sophie Fontanel | Mona Chollet | Camille Emmanuelle | Lolita PilleLeïla Slimani

Et si vous voulez aller plus loin, je conseille régulièrement des épisodes que j’ai beaucoup aimés dans mes Favoris Culture.

LIRE DES LIVRES

– Libérées ! Le combat féministe commence dans le panier à linge sale de Titiou Lecoq

Il me semble que c’est le premier livre féministe que j’ai lu et j’en garde un très bon souvenir. Titiou Lecoq y aborde la question des tâches ménagères et explique pourquoi le combat féministe commence dans la répartition égalitaire de la gestion des enfants et des corvées au sein du foyer. C’est une lecture amusante et facile avec un vrai fond et je vous le recommande pour commencer si vous souhaitez vous lancer dans la littérature féministe.

– King King Théorie de Virginie Despentes

C’est un très bon livre à lire pour se familiariser avec les thèmes féministes. Il se lit d’une traite, tellement de passages (si ce n’est tout le livre) paraissent si justes. J’adore le style et la manière dont elle écrit.

« Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l’ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas. »

Et si vous voulez aller plus loin, je vous conseille Le mythe de la virilité d’Olivia Gazalé, Sorcières de Mona Chollet et les BD de Liv Strömquist (I’m every woman, Les sentiments du Prince Charles).

REGARDER DES FILMS / SÉRIES / DOCUMENTAIRES
OÙ LES FEMMES OCCUPENT LES PREMIERS RÔLES

– L’Ordre Divin

L’histoire se déroule en 1970 dans un petit village près d’Herisau dans le canton d’Appenzell. Nora, une jeune femme au foyer, vit avec son mari, Hans, ses enfants et son beau-père. Ses journées sont dévouées aux tâches domestiques : préparation des repas, courses, lessives, ménage. Nora n’est pas heureuse et elle commence fermement à s’ennuyer. Elle aimerait travailler. Malheureusement, Hans n’est pas d’accord, et, en 1970, si le mari ne donne pas son autorisation, la femme ne peut pas exercer un emploi.

Dans quelques semaines aura lieu la votation pour accorder, ou non, le droit de vote aux suissesses. Alors que Nora se promène au village, elle passe devant un stand qui promeut le « oui ». La responsable lui donne plusieurs brochures ainsi qu’un livre de Betty Friedan, une grande féministe américaine. Nora passe la nuit à lire l’ensemble de ces textes. Au fil des jours suivants, sa conscience sur les inégalités s’éveille et grandit.

A l’aide de Graziella et Vroni, deux autres femmes du village, elle décide de créer un mouvement pour militer en faveur du droit de vote des femmes. Toutes ensemble, elles vont s’allier pour lutter pour leurs droits.

C’est un très bon film réalisé par Petra Volpe, une suissesse, qui aborde plein de thèmes féministes. Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article que j’avais écrit à ce sujet.

– Mrs. America

Mini-série qui est sortie hier et qui semble hyper intéressante et prometteuse. Elle retrace le combat politique d’américaines, qui dès les années 1970, se sont battues pour les droits des femmes et l’égalité. On y découvre les portraits de nombreuses activistes anti comme pro-féministes (Betty Friedan, Gloria Steinem, Phyllis Schlafly). Chacun des neuf épisodes a été nommé par l’un des prénoms de ces femmes qui ont marqué le XXe siècle. Je ne l’ai pas encore vue mais c’est au programme !

– Feminists, what were they thinking ? (sur Netflix)

Un documentaire qui revient sur la vague féministe des années 70. On y voit les récits des femmes qui ont participé à ce mouvement. On y retrouve Jane Fonda et Lily Tomlin qui sont excellentes.

⇒ Mais aussi Fleabag, The Marvelous Mrs. Maisel, Girls, Dead To Me, Marcella, Dr Foster, Gypsy, Girlboss, Captive, The Handsmaid’s Tale, Home for Christmas, Le portrait de la jeune fille en feu, Mustang, Les 4 filles du Dr March, Les Suffragettes, Nanette.

SUIVRE DES COMPTES INSTAGRAM

Il y a plein de comptes Instagram qui rendent le féminisme accessible à toutes et tous grâce à des illustrations, des phrases percutantes, des résumés d’études, des vidéos. Il y en a pour tous les goûts et c’est un moyen ludique d’apprendre plein de choses sur le féminisme. Je recommande les mêmes comptes que ceux cités dans cet article que j’avais publié dernièrement.

@thefionaschmidt | bordel.de.meres | @preparez_vous_pour_la_bagarre | @feminist | @limportante.fr | @danaemercer | @taspensea

Et vous, quels ont été vos premières découvertes féministes ? Quels sont les livres, les films, les documentaires, les séries, les podcasts que vous recommanderiez ?