Mes meilleures séries Netflix #6

Les séries ont toujours fait partie de mon quotidien. J’ai grandi avec leurs personnages féminins auxquels je me suis identifiée à tous les âges de ma vie. Hélène dans Hélène et les garçons, Loïs dans Loïs et Clark, Phoebe et Rachel dans Friends, Phoebe et Paige dans Charmed, Ally McBeal, toutes les femmes de Desperate Housewives et de Sex and the City. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le blog s’appelle Ally Bing, c’est un pseudo que j’avais inventé en contractant Ally McBeal et Chandler Bing quand j’avais 15 ans. J’aime les séries car on y trouve des réponses aux questions que l’on peut se poser dans la vie, j’aime suivre les existences des personnages sur de longues années pour voir comment ils évoluent, à quelles problématiques ils font face, comment ils s’en sortent, quels enseignements ils en tirent. J’ai vu et revu ces séries et j’aime découvrir à quel point je les comprends différemment selon l’âge que j’ai et les évènements que je vis au moment où je les regarde. J’ai en tête tout plein de citations qui sont restées dans ma mémoire depuis le jour où je les ai entendues dans l’un ou l’autre des épisodes ; elles m’aident et m’ont aidé à différentes périodes de ma vie. Tout ça, pour moi, c’est la magie des séries, et c’est pour ça que j’adore en regarder.

Je vous propose donc une nouvelle petite fournée de mes dernières découvertes sur Netflix. J’espère que ces prochaines lignes sauront vous donner envie !

MARCELLA

Résumé : La série commence par cette scène : Marcella est recroquevillée dans sa baignoire, il y a du sang sur son corps et les murs de la salle de bain. Elle est blessée au visage et aux mains. Elle semble confuse et perdue. Fin de la scène, retour en arrière, nous voici transportés douze jours auparavant. Marcella est dans un taxi, elle pleure. Elle appelle son mari et on comprend qu’ils étaient ensemble au restaurant quelques instants plus tôt et qu’il lui a annoncé qu’il souhaitait divorcer. Le lendemain matin, Marcella est réveillée par un officier de police qui sonne à sa porte. Il désire l’interroger au sujet d’un tueur en série sur lequel elle a travaillé il y a plusieurs années, lorsqu’elle était inspectrice. En effet, ce dernier semble avoir repris du service. Marcella demande alors à réintégrer la police pour enquêter avec eux et retrouver ce serial killer.

Mon avis : J’ai été conquise dès les premières minutes de la série car il y a tout de suite du suspense. Il y a plusieurs histoires qui s’entremêlent. L’enquête policière, la séparation avec son mari qui semble être un homme bien étrange, la vie personnelle et familiale de Marcella. Les deux saisons sont de très bonne qualité et les intrigues bien ficelées jusqu’au bout. J’ai beaucoup aimé Marcella qui est une femme forte, brillante et intelligente. Elle ne fait pas toujours les bons choix, elle a ses forces et ses faiblesses et c’est ce qui la rend si intéressante et attachante. C’est une très bonne série policière que je vous conseille bien volontiers.

Format : 2 saisons de 8 épisodes de 45mn

Note : 5/5

YOU

Résumé : Joe est libraire et possède son propre magasin à New York. Beck est étudiante et rêve de devenir écrivaine. Alors qu’elle se rend dans la librairie de Joe, il tombe littéralement sous son charme et devient complètement obsédé par elle. Il va commencer à la suivre, à l’espionner et tout faire pour entrer dans sa vie. Évidemment, il va parvenir à ses fins et nous serons les spectateurs.ices de cet « amour » naissant. Mais attention, rien n’est simple avec un psychopathe.

Mon avis : You n’est pas une histoire d’amour ni un « coup de foudre qui tourne à l’obsession », comme le dit le résumé de la série. You, c’est plutôt l’histoire d’un mec complètement dérangé qui choisit une femme qui lui plaît pour l’espionner et la manipuler dans le seul but de parvenir à ses fins : la posséder. Une fois ce contexte posé, je dois dire que j’ai beaucoup aimé cette série qui est très addictive. Beck est attachante et étrange à la fois, et c’est pareil pour Joe. Ils jouent tous deux un double jeu et c’est aussi ça qui les rend intéressants. Les personnages secondaires sont bien développés et possèdent chacun leur propre histoire. On suit les aventures des amies de Beck et celles du petit garçon qui vit sur le même palier que Joe et dont la mère est toxicomane. Un bémol à relever : il y a plusieurs situations qui ne sont pas très crédibles mais je vous laisse vous faire votre propre avis là-dessus. Si vous avez le temps cette semaine, regardez cette série qui vaut vraiment la peine d’être découverte.

Format : 1 saison de 10 épisodes de 45mn

Note : 4,5/5

BODYGUARD

Résumé : Bodyguard raconte l’histoire d’un ancien militaire de guerre, David Budd, qui devient le garde du corps de la nouvelle Secrétaire d’État, Julia Montague. Bien vite, ces deux personnages vont se rapprocher et devenir amants. Mais David méprise la politique menée par Julia et cette dernière a beaucoup d’ennemis. Sur un fond d’attaques terroristes à Londres, nous allons suivre leur quotidien et découvrir un système bien plus complexe qui œuvre contre eux.

Mon avis : J’ai apprécié cette série qui se découpe, selon moi, en trois parties (que je ne vais pas vous révéler pour ne pas vous spoiler). Il y a de nouveaux éléments très régulièrement et on ne s’ennuie ainsi pas un seul instant. J’ai trouvé intéressant de voir leur relation évoluer et passer de professionnelle à personnelle et je crois que c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à les aimer un peu plus. En effet, durant les premiers épisodes, j’ai eu du mal avec ces deux personnages qui ne sont pas particulièrement sympas ni attachants. Je les trouvais même très froids. Mais l’intrigue et l’enchaînement des rebondissements en font une très bonne série qui se laisse regarder avec plaisir.

Format : 1 saison de 6 épisodes de 57mn

Note : 4/5

Et vous, quel est votre rapport aux séries ?
Avez-vous vu les séries de cette sélection ? Les avez-appréciées ?

 

→ Pour retrouver l’ensemble de mes chroniques Netflix : #1, #2, #3, #4, #5 ou ici.

Ce que j’ai aimé en février & en mars

Bon bon bon, je crois que cette période bien chargée est désormais derrière moi, je vais pouvoir me consacrer à mon blog comme avant. Je suis ravie d’avoir à nouveau le temps de m’installer à mon bureau, d’allumer une bougie, de préparer un thé, de me mettre face à mon écran et de commencer à taper sur mon clavier ces phrases que je tourne et retourne dans tous les sens avant de trouver la bonne formulation.

Comme j’ai pris un peu de retard dans cette rubrique, j’ai rassemblé mes favoris culture des deux derniers mois au sein du même article, et cela fait pas mal de matière. Si le cœur vous en dit, asseyez-vous bien confortablement, préparez une bonne boisson, prenez un petit morceau de chocolat, puis lancez-vous dans la lecture. J’espère que ces prochaines lignes vous intéresseront autant qu’elles m’ont intéressées.

ARTICLES

En février a eu lieu la cérémonie des César en France. Des films traitant des sujets importants ont été récompensés, comme Jusqu’à la Garde qui aborde les violences conjugales ou encore Les Chatouilles qui évoque la pédocriminalité. De ce côté-là, c’est une belle avancée. Les sujets existent ou commencent à exister quand on en parle, quand on les rend visibles. Et pour cela, ces films sont essentiels. Le seul hic de cette cérémonie, c’est qu’aucune femme n’a reçu de César, hormis évidemment ceux consacrés à la meilleure actrice, au meilleur espoir féminin et à la meilleure actrice dans un second rôle. Meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario : que. des. hommes. Everywhere. Titiou Lecoq revient donc là-dessus et en tire le constat suivant : la plupart des films récompensés parlaient de femmes, sauf que ces histoires, « ce sont toujours des hommes qui les écrivent, les racontent, les filment. Je me demande si ce n’est pas encore pire. De voir des histoires de femmes uniquement racontées par des hommes. » Je vous invite à lire l’article dans son intégralité pour bien comprendre son développement.

Judith Duportail est journaliste. Elle publie un livre sur Tinder, cette application de rencontre permettant de faire des « matchs » avec de potentiels prétendants et prétendantes, intitulé « L’amour sous algorithme ». Alors qu’elle est une grande utilisatrice de cette appli, Judith décide de mener une enquête sur la façon dont sa note de désirabilité est construite et sur la manière dont s’y prend l’algorithme pour lui présenter des profils pouvant l’intéresser. C’est alors qu’elle découvre que les mêmes caractéristiques sont pondérées différemment selon le sexe de l’utilisateur. Si pour un profil masculin, avoir un bon poste et gagner un revenu important apporte des points positifs, la même situation chez une femme  apportera des points négatifs. Cela favorise donc la rencontre entre deux individus où l’homme possèdera de toute façon le statut économique le plus élevé. Judith fait également plein d’autres découverte intéressantes sur le fonctionnement de Tinder qui valent la peine d’être lues. Je vous propose trois articles pour en apprendre plus à ce sujet : Le Point, Le Temps et Journal du Geek.

Nous vivons dans un monde fait par et pour les hommes, et cela se constate malheureusement dans presque toutes les situations de la vie. Les femmes évoluent « dans un monde qui ne tient pas compte de leurs spécificités et sont condamnées à s’adapter à des situations inconfortables ». Par exemple, si les femmes ont moins d’accidents de voiture que les hommes, elles ont 47 % plus de risques d’être gravement blessées si cela leur arrive, et 17 % plus de risques d’y laisser leur vie, pour la simple raison que la taille et le poids moyen pris en considération pour les mesures sont ceux de l’homme moyen. Cet article illustre ce constat en dressant la liste de plusieurs domaines pour lesquels c’est le cas. Une fois qu’on est conscient.e de cela, il est intéressant de prêter attention à toutes ces choses qui sont inadaptées aux femmes dans l’espace publique. Par exemple, j’ai réalisé dernièrement que les toilettes Toi-Toi avaient probablement été conçues par des hommes et pour des hommes. N’importe quelle femme s’étant déjà rendue dans ce genre de cabines sait à quel point faire un petit pipi devient un véritable exercice acrobatique. La cuvette est trop haute (ce qui nous complique la tâche pour uriner sans nous asseoir), il y fait souvent nuit noire (pas facile pour viser) et le rouleau de PQ est inaccessible quand on est pliée en deux. Pour aller plus loin et approfondir la réflexion, je vous propose l’épisode Des villes viriles des Couilles sur la table qui aborde parfaitement ce thème d’un monde construit par et pour les hommes.

Dans nos schémas culturels traditionnels, les hommes sont présentés comme de valeureux conquérants et les femmes comme des sujets passifs (la princesse qui attend d’être sauvée par le prince, etc). Ces conceptions sexistes influencent malheureusement la science et, dans ce cas précis, la façon dont est pensé et analysé le fonctionnement du corps humain. Comme vous l’avez aussi sûrement appris à l’école, on nous dit depuis des décennies qu’au cours du processus de reproduction, l’ovule est un espèce de truc passif qui attend que le spermatozoïde, actif, conquérant, fasse tout le job pour parvenir à le féconder. Or, les choses ne se passent pas exactement ainsi. Cet article revient sur la manière dont se déroule une fécondation et on découvre que l’ovaire est loin d’être inactif : « Il est vu comme gros et passif. Il ne se déplace pas, ne chemine pas, mais est passivement « transporté », « balayé », voire même « dérive » le long du tube utérin. À l’inverse, les spermatozoïdes sont présentés comme étant petits, « aérodynamiques » et toujours actifs. Il ne s’agit pas de dire que les gamètes mâle et femelle ont une situation symétrique mais de souligner que les deux font quelque chose et non de supposer que l’un fait tout et l’autre rien. »

Il est important d’avoir en tête que les constructions sociales que nous avons aujourd’hui proviennent toutes d’un passé totalement dominé par les hommes. Ils ont analysé, réfléchi, pensé, en fonction de leur propre expérience, en fonction de leur vision du monde, et ceci sans prendre en considération le vécu des femmes. Il y a un énorme travail à faire pour déconstruire et apporter une nouvelle analyse sur notre civilisation.

Autre scandale révélé ces dernières semaines : on savait que certains prêtres étaient des pédocriminels, on apprend maintenant que ce sont également des violeurs. Le documentaire Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise dépeint un « système organisé qui dépasse le viol pour s’apparenter à une forme de proxénétisme clérical ». Des sœurs s’étant retrouvées enceintes après des viols commis par des prêtres ont été soit poussées à l’avortement soit bannies de la communauté. Le comble, c’est que cela se savait au sein de l’Église, mais une culture de l’impunité a été mise en place et tous ces prêtres criminels n’ont jamais été inquiétés. Je ne peux exprimer à quel point je suis en colère contre l’Église et tous ces tarés qui la composent qui protègent des pédocriminels, qui financent chaque année des campagnes anti-avortement partout dans le monde mais qui ne se gênent pas pour les pratiquer quand ça les arrange, qui diabolisent encore et toujours les personnes homosexuelles. Ils ont trois siècles de retard, il est définitivement temps que cette secte arrête de nuire aux êtres humains.

Je termine cette section par la mésaventure de Nicole Hanselmann, une cycliste suisse qui s’est faite stoppée lors d’une course en Belgique. La raison ? Alors que le groupe des femmes était parti dix minutes après celui des hommes, Nicole Hanselmann fut si rapide qu’elle a rattrapé le peloton de ses collègues masculins. Les organisateurs l’ont obligée à s’arrêter durant cinq minutes avant qu’elle puisse poursuivre sa course, et ceci dans le but de maintenir la distance initiale entre le groupe des hommes et celui des femmes. Cet arrêt forcé lui a totalement brisé son élan et elle a terminé à la 74ème position. Cette expérience n’est-elle pas une jolie illustration de ce qui arrive bien souvent aux femmes dans le monde professionnel ? On essaie, on se bat, mais dès qu’on arrive un peu trop près des hommes, hop, on nous empêche de continuer à avancer.

LIVRES

Un dimanche du mois de mars où j’étais seule, j’ai dévoré Chez soi de Mona Chollet en un après-midi. Véritable odyssée de l’espace domestique, ce livre parle de tous ces gens qui aiment être chez eux. Mais il ne s’arrête pas là. Mona Chollet décortique nos façons d’habiter et de vivre dans nos intérieurs, la façon dont on les agence, la manière dont on vit quand on est seul, en couple, riche ou pauvre. Mon chapitre préféré est celui intitulé « A la recherche des heures célestes. Pour habiter, il faut.. du temps ». En voici un extrait magnifique : « Il faudrait pouvoir émerger en douceur d’une nuit de sommeil qui vous déposerait sur la grève du jour comme le ressac d’une mer calme, (..) au lieu de subir la déchirure du rêve que provoque la stridence du réveil. (..) Il faudrait pouvoir rester encore un peu allongé, bien au chaud, à écouter les bruits les plus ténus dans la maison et au-dehors, à rêvasser, à contempler le plafond et à passer en revue les milles bonnes raisons de se lever. (..) Il faudrait pouvoir mettre de la musique, allumer quelques bougies et déjeuner tranquillement, en conversant si l’on n’est pas seul, en contemplant les jeux de la lumière sur les murs et le décor de la pièce, ou l’atmosphère gorgée d’ombre des jours gris et pluvieux, que trouerait l’éclairage des lampes. »

Le garçon sauvage raconte l’histoire de Paolo Cognetti, un écrivain milanais âgé d’une trentaine d’années qui ne sait plus trop où il en est dans sa vie. Ne parvenant plus à écrire, il décide de passer un été en pleine montagne dans une baita, une petite maison d’alpage. Il nous raconte la nature, la solitude, les amitiés qui se créent. Un très beau roman.

Samedi dernier, je me promenais en ville lorsque j’ai remarqué le Bibliobus au Flon. Comme j’ai la carte des bibliothèques de Lausanne, je suis entrée y faire un tour et j’ai aperçu Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb. Un roman très intéressant, rapidement lu, qui retrace l’histoire d’une grande tromperie familiale.

SÉRIES / FILMS

Je vous avais parlé de Suburra lors d’une de mes revues de séries Netflix. La saison 2 est sortie le 22 février et nous l’avons terminée vendredi soir. J’avais adoré la première saison, j’ai tout autant aimé ce deuxième volet dans lequel on s’attache encore plus à Aureliano, Gabriele et Spadi. Leurs histoires se développent petit à petit et on assiste à la suite de leurs aventures. Spadi prend la tête de sa famille avec sa femme Angelica, Aureliano se retrouve seul, Gabriele est promu chef au commissariat. Bien qu’ils soient de grands méchants, je n’arrive pas à m’empêcher d’éprouver de l’affection pour ces trois garçons. Peut-être parce qu’on les voit souffrir, parce qu’on a l’impression qu’ils sont dans une situation qu’ils n’ont pas choisie et qu’ils ne peuvent plus rien faire d’autre, peut-être aussi parce qu’ils sont touchants et parce qu’on voit à quel point c’est difficile pour eux. Malheureusement, dans ces séries qui parlent de la mafia, et comme dans la vraie vie, le résultat, c’est toujours des gens qui meurent.

J’ai consacré un article à l’Ordre Divin au mois de février et je le mentionne ici à nouveau pour celles et ceux qui l’auraient manqué. Ce fabuleux film suisse retrace, de manière fictionnelle, les semaines ayant précédé la votation fédérale qui a accordé le droit de vote aux femmes en 1971. Un récit important qui nous rappelle la chance que nous avons aujourd’hui de pouvoir voter et décider de nos vies sans avoir à demander l’autorisation de nos maris.

J’ai commencé le documentaire Netflix consacré à l’enlèvement de Madeleine McCann quelques jours après sa sortie. J’avais suivi de loin cette malheureuse histoire lorsque cette petite fille a disparu en 2007, je ne savais donc pas grand chose du déroulement de l’affaire. J’ai ainsi découvert tous les rebondissements de l’enquête dans ce reportage découpé en huit épisodes d’environ une heure. Il est construit de sorte à nous aiguiller sur différents suspects potentiels et on passe par toutes sortes d’émotions. De mon côté, j’ai ressenti de la colère pendant la plupart des épisodes (pour diverses raisons que je vous laisserai découvrir) avant d’être envahie par la tristesse lors des deux derniers épisodes. Un documentaire important qui aborde aussi les enlèvements d’enfants de manière plus générale.

PODCASTS

Au mois de février, le scandale de La Ligue du LOL a été révélé. Il s’agissait d’un groupe d’hommes, rassemblés sur une page Facebook intitulée justement « La ligue do LOL », qui ont harcelé et cyberharcelé des femmes, et plus particulièrement des journalistes féministes, des personnes grosses, racisées ou atteintes de maladie psychique ainsi que certaines catégories d’hommes, ceux qu’ils n’estimaient pas assez « virils ». Quelques années plus tard, tous ces petits mecs travaillent dans des postes importants : rédacteurs en chef, animateurs de podcasts, etc, alors que leurs victimes, harcelées des années entières, ont été sévèrement freinées dans leurs carrières. Suite à la parution de cette affaire, ils ont presque tous été licenciés, et c’est tant mieux. Mais cela a permis de mettre à jour une dynamique bien connue, celle du boys club, qui désigne « la configuration et la pratique de la domination masculine, blanche et hétérosexuelle et qui peut prendre bien des formes. Il en existe partout, dans tous les corps de métiers : partis politiques, grandes écoles, entreprise. C’est le principe même du patriarcat« . Pour en savoir plus à ce sujet et pour découvrir toute l’histoire de cette Ligue du LOL, je vous conseille le passionnant épisode La force du boys club, qui relate en une heure les tenants et aboutissants et qui montre les mécanismes à l’œuvre dans tous les boys club (spoiler : notre monde est un boys club).

Pour revenir sur les prêtres pédocriminels, j’ai beaucoup aimé l’épisode Au nom du pédophile d’Arte Radio. L’animateur s’est rendu à l’extérieur d’une salle de cinéma où était projeté Grâce à Dieu, un film dénonçant les abus au sein de l’Église (Église qui a d’ailleurs tenté d’en interdire la sortie), pour récolter les avis des spectateurs et spectatrices. Un épisode court, intense et très intéressant.

Je poursuis comme toujours l’écoute des épisodes d’Affaires sensibles et je sélectionne les sujets qui m’intéressent. Ces deux derniers mois, j’ai particulièrement aimé : Six jours avec Jean-Claude Romand, un homme qui s’est inventé une vie, a menti à toute sa famille et s’est fait passer pour un médecin durant vingt ans avant d’assassiner femme et enfants ; le récit du tsunami en 2004, particulièrement difficile à écouter mais très instructif ; Roberto Succo, un criminel italien dont l’histoire a été relatée dans une pièce de théâtre du même nom (je l’avais étudiée au Cours Florent et j’avais joué le rôle de sa sœur pour un examen, je ne savais pas que c’était une histoire vraie, j’ai donc été ravie de découvrir la vie de cet homme) ; Le scandale Swissleaks, qui met en lumière les mécanismes à l’œuvre dans nos sociétés permettant l’évasion fiscale en toute impunité (l’analyse en fin d’épisode avec les sociologues Pinçot-Charlot est particulièrement intéressante). Pour terminer, Histoire d’O, ce roman érotique sorti en 1954, véritable succès littéraire, dont l’autrice est restée cachée derrière un pseudo durant des années.

J’ai aimé entendre l’histoire d’Edith Cresson dans un épisode du podcast Vieille branche. Première et seule femme à avoir été Premier Ministre en France, on y découvre son parcours, le travail accompli durant toute sa carrière professionnelle et à quel point il était difficile de faire de la politique quand on était une femme dans les années 80. Sans cesse insultée, remise en cause, questionnée sur ses compétences, elle a dû faire face à des campagnes de dénigrement sans précédent. Lorsqu’elle était ministre de l’agriculture, des manifestants avaient écrit sur une pancarte : « Edith, on l’espère meilleure au lit qu’au Ministère ». Et oui, ce genre de trucs, c’était admissible il y a 30 ans. Une femme forte et déterminée qui est inspirante.

J’en avais parlé lors d’une de mes sélections de podcasts, j’adore écouter ceux de Brooke Castillo. Coach en développement personnel, elle aborde chaque semaine d’un thème qui aide à mieux vivre, que ce soit d’ordre personnel ou organisationnel. J’ai particulièrement apprécié celui intitulé Throw away your to-do list sorti vendredi dernier. Elle y parle de ces gens qui se disent toujours super occupés et qui n’ont le temps de rien. Elle explique comment reprendre le contrôle sur son quotidien en planifiant, comment être plus productif et comment parvenir à réaliser ses objectifs. Elle aborde toujours les sujets avec des mots clairs et des concepts simples, facilement applicables immédiatement. C’est en anglais mais il y a la transcription de l’épisode au format pdf pour les personnes plus à l’aise avec l’écrit.

Et un dernier petit épisode pour la route. Celui consacré à l’éducation non sexiste des Couilles sur la table était particulièrement intéressant. A l’aide d’Aurélia Blanc, autrice du livre « Tu seras un homme – féministe – mon fils ! », cet épisode intitulé J’élève mon fils nous donne des pistes pour éduquer « des garçons libres et heureux en prenant le contre-pied des stéréotypes de genre auxquels ils sont constamment exposés, à travers une éducation libre et non-genrée ».

DIVERS

Pour Noël, nous avions décidé avec mon copain, ma belle-sœur et mon frère de nous offrir une soirée tous les quatre, en lieu et place de cadeaux matériels. Je trouve que c’est une idée vraiment chouette qui participe aussi à s’offrir mutuellement du temps et surtout à passer de bons moments ensemble. Notre choix s’est tourné vers une soirée resto puis théâtre et nous sommes allés voir la pièce Festen au théâtre de Vidy. J’avais vu le film il y a une dizaine d’années et il m’avait énormément marqué. C’était donc une très belle occasion de le revoir mais adapté en pièce de théâtre. Le synopsis est le suivant : pour fêter les soixante ans du père de famille, tous les enfants et amis sont réunis dans la maison de leur enfance. Au cours du repas, l’un des fils fait un discours et révèle que son père a abusé de lui durant des années lorsqu’il était petit. On s’enfonce ensuite dans un drame familial particulièrement sombre dont on ne sort pas indemne. Comme lors du film, la tension était vraiment présente tout du long et j’avais une boule dans l’estomac. C’est tellement prenant qu’on se réjouit presque que ça se termine. Si cela vous intéresse, je vous conseille volontiers le film qui restera dans votre mémoire, même longtemps après l’avoir visionné.

Quant à la pièce de théâtre, tout était parfait. Les acteurs jouaient incroyablement bien, la mise en scène était spectaculaire et originale. De plus, je crois n’avoir jamais vu un décor si somptueux au théâtre, comme vous pouvez en voir un petit aperçu ci-dessous.

Bonnes découvertes !

Et n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires 🙂