Ce que j’ai aimé ces derniers mois

On se retrouve aujourd’hui avec mes favoris culture de ces derniers mois. N’hésitez pas à piocher, ici ou là, les articles, livres, séries, films ou podcasts qui peuvent vous intéresser, pour les découvrir maintenant ou un peu plus tard. J’espère qu’ils vous donneront envie de les lire, les écouter ou les voir, qu’ils vous feront réfléchir, mais aussi et surtout qu’ils vous feront passer de bons moments. Bonne lecture !

ARTICLES

Commençons cette rubrique avec un article très intéressant qui parle de cette impossibilité qu’ont certains hommes à entendre un « non » de la part d’une femme. « Pourquoi un homme se sent-il légitime quand il réitère plus de cinq fois la même proposition ? Pourquoi n’entend-il pas les désirs et les besoins de la personne qu’il a en face de lui ? Pourquoi le « non » exprimé par la femme n’a, de toute évidence, pas plus de légitimité que de valeur à ses yeux ? Pourquoi nous sourions et prenons soin d’arrondir les angles quand nous leur opposons un refus ? ». Je suis certaine que chaque femme qui lit ces lignes a déjà été confrontée à ce problème au moins une fois dans sa vie. J’ai apprécié cet article publié sur Slate car il reprend très bien les différents thèmes qui se jouent autour de l’insistance des hommes envers les femmes et tous les schémas qui se répètent inlassablement dans ces situations. Un homme fait une proposition, la femme n’en a pas envie mais elle ne sait pas comment le formuler. Pourquoi ? Parce que « les filles sont éduquées à plaire, à séduire et donc à arrondir les angles pour ne pas contrarier l’autorité et le désir des hommes. » Et pour cause, en refusant une quelconque proposition (un verre, un rendez-vous, une conversation, une relation sexuelle), nous savons que nous nous exposons potentiellement à des représailles. D’ailleurs, « quand on interroge les hommes sur les effets qu’a sur eux le refus féminin, ils répondent: “De la colère.” ». On l’a toute déjà expérimentée, cette peur de refuser, ce dilemme pour trouver la bonne manière de dire à ce gars qui nous emmerde de nous laisser tranquille sans risquer de se recevoir une patate en retour.

Ce « non » s’applique de la même manière aux relations sexuelles. L’homme a envie, la femme n’a pas envie. Elle ne sait pas comment le dire. Il ne prend pas la peine de s’assurer de son consentement, parce que la sexualité masculine est un droit. Cela se joue sur des non-dits. Mais gardons bien en tête une chose : le fait qu’une femme n’ait pas envie a autant d’importance que le fait que l’homme ait envie (et vice-versa). Pourquoi l’envie et le désir de l’homme seraient-ils supérieurs, surpasseraient-ils, sur le palier de l’importance, le non-désir de la femme ? C’est Virginie Despentes qui le dit dans un podcast que j’ai écouté cette semaine (j’en parle plus bas). Prenons le temps d’y songer. L’article se termine enfin sur des conseils pour parvenir à un changement : « Pour les hommes, s’assurer que leur partenaire est d’accord pour prendre un dernier verre, poser la main sur leur cuisse (..). Du côté des femmes, apprendre à dire non. À partir. À vexer. Ce n’est pas la fin du monde. Ce qui l’est, en revanche, c’est le traumatisme sexuel qui peut hanter durablement. Apprendre à être claire et tranchante, à faire face au conflit. » L’article intégral est intéressant et je vous le conseille.

J’avais adoré cette bande dessinée d’Emma intitulée Michelle dans son troisième tome. Elle vient de la publier en libre accès sur son blog et c’est donc l’occasion pour foncer la lire. Elle parle de cette différence entre le travail reproductif dont s’occupent les femmes, qui est gratuit et invisible, et le travail productif, généralement assigné aux hommes, qui donne droit à un salaire et à un statut social. Elle raconte notamment l’histoire de Michelle, une femme qui a arrêté de travailler pour élever ses enfants (et prendre en charge toutes les tâches ménagères). Emma dit « C’est comme si chaque homme avait à la maison une employée bénévole qui gère son foyer et sa famille en échange d’un soutien matériel. Mais cet argent n’est pas à elle et ne lui donne droit à aucune assurance : ni maladie, ni chômage, ni retraite ». Elle poursuit « Ce système est bénéfique pour les hommes car il leur permet d’avoir du temps pour construire une situation financière confortable. Tout ça créé une relation de dépendance dans les couples (..). Cette répartition entre travail productif et reproductif, elle ne fonctionne que tant que le couple tient. Or, on le sait aujourd’hui, toutes les relations ne sont pas éternelles. Du coup, beaucoup de femmes qui ont pris des temps partiels ou des congés parentaux se retrouvent bien démunies après une séparation ». Je trouve que la mise en lumière de cette répartition des rôles propre aux couples hétérosexuels est très intéressante et essentielle. Bien sûr, chaque couple s’organise comme il l’entend, mais je crois qu’il est important d’avoir réfléchi aux implications futures que peuvent avoir nos choix et quelles conséquences ils auront dans le cas où on ne reste pas toute la vie avec le père / la mère de ses enfants.

Hier, le 105ème féminicide a eu lieu en France depuis le début de l’année. En 2019, une femme est assassinée tous les deux jours par son conjoint ou ex-conjoint (toutes les 2 semaines en Suisse) et rien ne se passe. Cela ne fait ni les gros titres des magazines, ni l’ouverture des journaux télévisés. Toutes ces femmes tuées pour la simple et unique raison qu’elles sont des femmes. Dans des pays comme l’Espagne où des mesures ont été prises au niveau politique, le nombre de féminicides a baissé. Pourquoi rien n’est fait en France ? Ni même en Suisse ? Valérie Rey-Robert, une brillante féministe qui tient un blog et qui a publié « Une culture du viol à la française » a écrit un article sur ces féminicides cette semaine. « Le féminicide c’est tuer une femme pour des raisons misogynes, parce qu’on estime qu’elle ne s’est pas comportée comme une femme devrait se comporter. Elle n’a pas obéi à son mari, elle l’a quittée. Elle n’a pas fait correctement sa part de tâches ménagères. Elle ne s’est pas habillée comme il le souhaitait. Tout ceci ne sont évidemment que des prétextes, ne nous y trompons pas. Il frappe parce qu’il estime qu’il a le droit de frapper sa femme parce que dans notre société – même là oui en 2019 – tout concourt à dire qu’on est propriétés des hommes et qu’on leur doit quelque chose sinon ils s’énervent. (..) Observez qu’on interroge toujours pourquoi les femmes ne partent pas mais jamais pourquoi les hommes tuent. Comme si ça allait de soi. Comme si, même là, il fallait éviter d’être tuées et pas de tuer. » Je vous conseille d’aller lire cet article très bien écrit qui aborde ces violences envers les femmes mais également cette éducation virile qu’on continue d’imposer aux hommes.

LIVRES

Au mois d’avril, j’ai lu La Tresse de Laetitia Colombani. Une lecture toute douce qui raconte les vies de trois femmes ; Smita en Inde, Giulia en Sicile et Sarah au Canada. Toutes trois sont à un tournant de leur existence et toutes trois vont devoir faire des choix. Smita est une Intouchable qui veut tout faire pour que sa fille puisse aller à l’école. Giulia travaille dans l’atelier de son père quand elle découvre qu’ils sont au bord de la faillite. Sarah est une brillante avocate qui apprend qu’elle est gravement malade. C’est un très beau livre qui met en scène trois femmes fortes, courageuses et déterminées.

La semaine dernière, j’ai plongé dans L’Écart d’Amy Liptrot, un roman magnifique plein de nature et d’introspection. Après dix années passées à Londres où elle s’est perdue dans l’alcoolisme et les soirées, Amy revient aux Orcades (en Écosse), sa terre natale, pour réapprendre à vivre sans boire. J’ai adoré le récit de cette nouvelle vie loin de tout sur une petite île isolée. Cela m’a d’ailleurs donné très envie de partir à la découverte de cette région d’Écosse.

Une amie m’a prêté la bande dessinée I’m every woman de Liv Strömquist dans laquelle elle raconte les vies de plusieurs femmes célèbres et montre comment leurs existences ont été façonnées par des hommes. On retrouve, entre autres, Britney Spears, Yoko Ono, Priscilla Presley. D’autres sujets sont abordés et c’est une lecture très intéressante qui fait réfléchir tout en étant rigolote. L’année dernière, j’avais lu Les sentiments du Prince Charles, une autre de ses BD, qui offre un tout nouveau regard sur les relations amoureuses et la manière dont elles sont construites.

Depuis le mois de janvier, je lis ponctuellement les romans de la saga des Neshov d’Anne B. Ragde. Elle contient cinq romans dans lesquels on suit la vie des membres de cette famille. J’ai terminé les quatre premiers et je découvre en écrivant cet article qu’un dernier volet vient d’être publié. J’adore ces récits qui nous embarquent dans des destinées sur de si longues périodes. Même s’ils ne sont pas tous autant passionnants (j’ai une préférence pour les deuxième et troisième tomes), on ne peut que s’attacher à ces personnages qu’on voit évoluer et grandir.

SÉRIES / FILMS

A la recherche d’une série rafraîchissante et légère, j’ai découvert Dead To Me sur Netflix au mois d’août. Suite à la mort de son mari qui a été renversé par un chauffard qui ne s’est pas arrêté, Jen rejoint un groupe de parole pour personnes en deuil. Elle y fait la connaissance de Judy, une femme enjouée et rigolote avec qui elle va se lier d’amitié. Or, on découvre très vite que cette Judy cache bien des secrets. J’ai beaucoup aimé cette série dont les épisodes durent une trentaine de minutes et que l’on consomme comme des petits bonbons. C’est drôle, émouvant et loufoque ! Vivement la saison 2.

Dans un registre beaucoup plus sombre, j’ai regardé les cinq épisodes de la série Chernobyl qui retracent le déroulement des évènements après la catastrophe nucléaire qui a eu lieu en avril 1986 en Ukraine. Ce fut passionnant mais vraiment très éprouvant. L’ambiance est très plombante, on se sent enfermé et oppressé dans ce climat soviétique où les dirigeants de la centrale et les politiciens avaient tous torts mais continuaient à foncer tête baissée dans la mauvaise direction. Cette incapacité à se remettre en question m’a frappée. On découvre aussi l’étendue des victimes et la grande opération de « nettoyage » qui a été mise sur pied les mois ayant suivi l’explosion. J’ai trouvé cette série très instructive, et même si elle est pénible à regarder, je vous la conseille vivement.

Treize ans après tout le monde, j’ai découvert le film The Holiday dans l’avion en rentrant de New York. Mais quel merveilleux moment ! Pourquoi est-ce que personne ne m’avait dit de le regarder ? Je pense que la planète entière l’a vu mais pour résumer, c’est l’histoire de deux femmes interprétées par Cameron Diaz et Kate Winslet qui échangent leurs maisons après une déception amoureuse. C’est le film parfait pour une soirée d’automne ou d’hiver ou quand vous avez besoin d’un bol frais de romantisme. J’ai adoré et je me réjouis déjà de le regarder à nouveau au mois de décembre.

PODCASTS

J’ai écouté énormément de podcasts ces derniers mois et j’ai eu l’occasion d’en découvrir de nouveaux qui ont ravis mes oreilles. J’ai beaucoup aimé le premier épisode du Book Club avec Delphine de Vigan. Dans chaque épisode, une invitée nous reçoit chez elle et parle de trois livres qui comptent pour elle. Ce fut très intéressant d’entendre Delphine de Vigan (une de mes autrices préférées) raconter les histoires des romans qu’elle a choisi et pourquoi elle les a tant appréciés.

Dans un autre registre, j’ai découvert le podcast Les Voix du crime qui propose de revisiter des affaires connues au travers de témoignages de voix inédites (un.e avocat.e, un.e enquêteur.trice ou des proches) qui livrent leur propre version de l’histoire. Un épisode est consacré au meurtre de Ghislaine Marchal, cette femme qui aurait écrit avec son sang la phrase « Omar m’a tuer » (avec la grosse faute d’orthographe) sur les murs du lieu où elle a été tuée. Il y a toujours eu des doutes sur la réelle culpabilité d’Omar Raddad, le jardinier de la résidence, dans ce crime. Cet épisode nous apporte d’autres éléments de réponse qui corroborent avec sa probable innocence dans cette affaire.

Durant un mois, nous aurons la chance d’entendre chaque semaine Virginie Despentes dans Les couilles sur la table. Le premier épisode est sorti jeudi dernier et je l’ai écouté immédiatement. Victoire Tuaillon et Virginie Despentes abordent les sujets suivants : « comment faire pour éviter le viol : éduquer les garçons, ou apprendre aux filles à se défendre ? Est-ce qu’il y a vraiment des hommes qui ont violé « sans s’en rendre compte » ? Pourquoi le schéma du sexe sous contrainte est-il si présent dans la pornographie, et comment ouvrir les imaginaires érotiques ? ».

Concernant mes écoutes habituelles, j’ai trouvé l’épisode douze de Mansplaining particulièrement intéressant. Intitulé Charge mentale, hommes assistés, femmes lessivées, il parle de la vie domestique et de toutes ces choses que font les femmes et dont personne ne se rend compte. Thomas Messias s’interroge sur cette tendance qu’ont les hommes à laisser leurs femmes se noyer sous des to-do list infinies pendant qu’ils se congratulent lorsqu’ils ont planté un clou.

Un épisode magnifique de Transfert est sorti durant l’été, il s’intitule Les conditions féminines. C’est une magnifique histoire d’amour qui se déroule en Suisse dans un passé pas si lointain et dont on pourrait faire un film. J’ai adoré et si vous ne deviez écouter qu’un podcast de cette liste, je vous conseille celui-ci.

J’adore tous les épisodes d’Un podcast à soi qui abordent toujours des thèmes en profondeur avec un regard intéressant. J’ai beaucoup aimé celui intitulé Sexualité des femmes, la révolution du plaisir. A l’aide de témoignages de plusieurs femmes, cet épisode permet de nous interroger sur la manière dont sont façonnées les relations sexuelles hétérosexuelles et de nous questionner à leurs sujets.

Pour terminer sur une note de développement personnel, je vous conseille chaleureusement l’épisode Gifts to my future self de Brooke Castillo. Elle nous parle de l’importance de développer une merveilleuse relation avec soi-même car c’est une relation qui durera toute la vie. Elle propose de réfléchir aux actions qu’on fait aujourd’hui qui auront un impact sur notre vie future. Quels cadeaux est-ce que je souhaite faire à mon futur moi ? Qu’est-ce que je développe aujourd’hui qui rendra ma vie future plus agréable ? Elle conseille ainsi d’écrire deux lettres, une de son moi du futur à son moi du présent (mon moi âgé de 42 ans qui écrit à mon moi âgé de 32 ans) et une lettre de son moi du présent à son moi du futur. Cela permet de se demander des conseils, de réfléchir à la vie qu’on souhaite se construire et de réfléchir aux actions à mettre en place pour y arriver. Un exercice super intéressant que j’ai beaucoup aimé faire.

DIVERS

Parfois, il suffit de mettre d’autres termes sur un concept pour qu’il devienne beaucoup plus clair. Une amie m’a montré cette vidéo qui met en résonance le fait de vouloir boire une tasse de thé et consentir à une relation sexuelle. C’est très instructif et on comprend beaucoup mieux cette notion expliquée de cette manière. En effet, ce n’est pas parce qu’on a accepté d’aller boire un thé chez quelqu’un que finalement, quand la tasse arrive devant soi, on est obligé de la boire. On y comprend aussi qu’une personne qui dort ne veut pas de thé ou qu’une personne qui a voulu du thé la semaine dernière n’en veut pas forcément tous les soirs qui suivent. C’est vraiment très rigolo !

Pour terminer sur une note toute douce, je vous conseille de regarder ce petit documentaire d’une dizaine de minutes où une étudiante demande à d’autres élèves si elle peut les prendre en photo pour un projet. Elle leur dit ensuite « Je photographie les choses que je trouve belles ». Les réactions de toutes ces personnes qui découvrent pourquoi elle les prend en photo sont tellement émouvantes et touchantes. J’ai eu la larmiche tout du long. C’est vraiment très beau, regardez-la.

Bonnes découvertes !

Et n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires 🙂

Une semaine dans les Highlands | Glen Affric & autour du Loch Ness

Ce dimanche aux allures d’automne m’a donné envie de me replonger dans mon séjour en Écosse au mois de mai dernier. Ce voyage fut très spécial car c’est la première fois que je partais une semaine entière toute seule en vacances.

C’est à la fin de l’année 2018 que l’idée a commencé à germer en moi. Je ne saurais pas l’expliquer mais il y avait quelque chose qui m’attirait beaucoup dans le fait de m’imaginer partir à la découverte de terres inconnues en solitaire. Je me faisais une sorte de film trop chouette de ce que pouvait être une semaine en tête-à-tête avec moi-même dans un pays étranger. J’avais deux critères importants pour le choix de la destination : voir de superbes paysages et trouver une petite maison isolée au milieu de la nature. Après quelques recherches sur internet, mon choix s’est porté sur l’Écosse et plus particulièrement sur les Highlands, la région qui se trouve tout au nord du pays et qui est géographiquement assez isolée.

Je suis partie à la fin du mois de mai car j’avais lu que c’est une des meilleures périodes pour visiter les Highlands. Les températures y sont plus ou moins clémentes et surtout, il n’y a pas de midges, ces affreux petits moustiques qui prolifèrent durant les mois d’été et qui vous mangent tout.e cru.e. J’ai abordé mon voyage de façon assez sereine, je n’avais qu’une seule véritable crainte : me faire agresser par le tueur à la hache au milieu de la nuit dans mon chalet (j’ai trop regardé Esprits Criminels). Cela dit, je n’avais pas anticipé le stress qui s’est emparé de moi lorsque je me suis assise dans ma voiture de location, avec le volant à droite. J’avais une trentaine de minutes de route pour rejoindre ma petite maison en conduisant de l’autre côté et en prenant les ronds-points dans l’autre sens. Ce fut un moment difficile mais j’ai respiré un grand coup et je me suis dit que je pouvais y arriver. Et j’y suis parvenue. Saine et sauve. J’ai d’ailleurs fait plus de 800 kilomètres en une semaine au volant de ma petite automobile sans accident ni égratignures (mais en roulant du mauvais côté de la route un soir où j’étais pas hyper concentrée hahaha – mais j’ai réalisé assez vite et il n’y avait personne en face).

Le but de ma semaine n’était pas d’avoir un planning surchargé et des visites à profusion. Je voulais aussi avoir le temps de lire, écrire, faire du yoga et me reposer. Je suis partie sans rien planifier avant d’arriver sur place, j’avais simplement emporté avec moi quelques guides empruntés à la bibliothèque. Chaque soir, je prenais un petit moment pour organiser ma journée du lendemain ou du surlendemain, en fonction de la météo et de mes envies. C’est ça qui est chouette aussi quand on voyage seul.e, on peut faire absolument ce qu’on veut et quand on veut.

Pour résumer au mieux cette semaine et, peut-être, vous donner envie de partir visiter cette belle région d’Écosse, je vous proposerai trois articles dans lesquels je regroupe les visites proches géographiquement. Aujourd’hui, je vous emmène à Glen Affric, Urquhart Castle et autour du Loch Ness (est-ce que j’ai vu Nessie ? Vous le saurez en lisant ces prochaines lignes..)

MA PETITE MAISON

Avant de partir à la découverte de paysages magnifiques, voici la fabuleuse petite lodge dans laquelle j’ai posé mes valises pour la semaine. Je ne souhaitais pas faire un road trip et changer de lieu tous les 2/3 jours, c’est pourquoi j’ai choisi un seul logement, même si cela impliquait parfois de longs trajets en voiture. J’étais si heureuse de retrouver ma jolie lodge chaque soir après avoir arpenté les sentiers écossais. L’intérieur est très soigné et l’espace salon / cuisine ouverte avec ses grandes baies vitrées tellement cosy. C’était un petit cocon au milieu de la nature et il y avait même des animaux qui venaient régulièrement me rendre visite.

Cette lodge est située à quelques kilomètres du village de Beauly dans un parc de plusieurs habitations. Même si je souhaitais vivre en autarcie, j’aurais presque préféré avoir des voisins/voisines pour me rassurer un peu mais je fus seule tout le séjour. Je ne vous cache pas que j’ai quand même un peu flippé chaque soir quand il faisait nuit noire car je savais qu’il n’y avait personne à deux kilomètres à la ronde (et je ne vous parle pas du premier soir où un animal s’est mis à creuser dans le sol juste derrière ma chambre à coucher #crisecardiaque). Mais j’ai survécu. Et je pouvais compter sur mes copines qui m’écrivaient chaque matin « t’es encore vivante ? » ou « est-ce que tu as vu le tueur à la hache ? ».

GLEN AFFRIC
Dog Falls – Beinn a’Mheadhain – River Affric

Au lendemain de mon arrivée, j’ai pris ma voiture et je suis partie à Glen Affric pour ma toute première excursion en terres écossaises. Ce n’était pas très loin de chez moi et j’avais lu de bons retours sur les blogs et dans mes guides. Glen signifie vallée. Il y a beaucoup de Glen dans les Highlands et ils sont généralement caractérisés par leurs longueur et profondeur.

Je me suis basée sur ce guide pour organiser mes marches de la journée. Je ne suis de loin pas une grande randonneuse mais je dois dire que les durées indiquées dans les différentes brochures que j’ai consultées sont largement sur-évaluées. Bien souvent, les marches ont duré la moitié du temps moyen indiqué, voire un poil plus, autant à Glen Affric que lors de mes autres balades. Cela peut être une information utile dans le cas où vous organisez votre journée en fonction de ces estimations.

♥ Dog Falls

Après avoir fait un petit arrêt sur la route pour acheter un pique-nique, j’ai débuté ma journée par un premier arrêt à Dog Falls où j’ai fait les trois randonnées conseillées, le Coire Loch Trail, le Dog Falls Trail et j’ai terminé par le Viewpoint Trail. Je suis partie dans le sens des aiguilles d’une montre et j’ai suivi le parcours, en descendant et remontant le chemin où se retrouvent le Coire Loch Trail et le Dog Falls Trail. C’est très bien indiqué, il suffit de suivre les panneaux selon les couleurs (dans mon cas jaune, rouge et blanc).

La montée entre Coire Loch Trail & Dog Falls Trail

Le Loch Coire, perché au milieu de la forêt

Le Viewpoint

Des bancs sont installés à chaque point de vue pour que l’on puisse s’y asseoir et contempler le paysage dans un silence étourdissant. Durant toutes ces marches, je n’ai croisé ici ou là qu’un ou deux randonneurs. C’est un sentiment très particulier de se retrouver seule au milieu de la nature dans un lieu si loin de chez soi.

Ce qui m’a fascinée, ce sont ces endroits qui d’un coup surgissent de nulle part. On marche ou on roule et subitement, on arrive devant un spectacle magnifique où la nature est gigantesque et à perte de vue, quand ce n’est pas un loch (= étendue d’eau) qui apparaît là où l’on ne l’attend pas.

♥ Loch Beinn a’Mheadhain

Une fois ces trois premières marches terminées, j’ai repris la voiture et j’ai continué ma route le long de Glen Affric pour atteindre le Loch Beinn a’Mheadhain. Dans le guide, il est conseillé de s’y arrêter pour pic-niquer et c’est ce que j’ai fait. Je me suis installée au bord de l’eau, face à cette magnifique vue, et j’ai mangé en contemplant le paysage.

♥ River Affric

J’ai ensuite repris la route pour atteindre River Affric, le dernier arrêt de ma journée. Ici, j’ai fait les marches conseillées, à savoir la montée jusqu’au point de vue Am Meallan avant d’emprunter le sentier du River Trail, une très jolie balade calme et apaisante au bord de la rivière, au son de l’eau qui ruissèle sur les rochers.

Am Meallan Viewpoint Trail

River Trail

URQUHART CASTLE

Pour ma deuxième journée de visites, je suis partie pour le Musée du Loch Ness, Urquhart Castle, le tour du Loch Ness et la caravane de Steve Felhtam, le Nessie Hunter installé au bord du lac depuis 1991. (Carte de mon trajet).

J’ai commencé par le musée « Loch Ness and Exhibition Centre » qui retrace l’histoire de Nessie. La visite s’effectue en passant d’une salle à une autre où sont projetées des vidéos abordant la naissance du mythe, les caractéristiques du lac, les recherches qui ont eu lieu. Je ne dirais pas que je vous conseille d’y passer car ce n’était de loin pas le musée du siècle mais si vous avez un niveau d’anglais suffisant, pourquoi pas y faire un stop (qualité du son mauvaise + accent écossais = compréhension difficile).

Je me suis ensuite dirigée vers Urquhart Castle, un très joli château en ruines situé sur les bords du Loch Ness. Ce fut une balade apaisante car la vue est magnifique. Je suis restée un long moment au sommet du château à regarder le lac qui s’étend à perte de vue. J’ai scruté l’eau attentivement à la recherche de Nessie, mais sans succès.

AUTOUR DU LOCH NESS

J’ai ensuite repris la route et départ pour le tour du lac en passant par Fort Augustus. J’avais lu que ce n’est de loin pas la plus belle partie des Highlands mais peu importe, ce lac et Nessie m’intriguent énormément. Je me souviens exactement de la première fois où j’ai découvert l’existence de ce monstre. Ma maman avait un vieux livre qui parlait de mythes et légendes et je l’avais ouvert alors qu’elle triait sa bibliothèque. Elle m’avait alors raconté l’histoire de Nessie et j’avais pris le livre pour lire tout le chapitre qui lui était consacré. Je ne sais pas trop pourquoi mais j’adore ces récits fantastiques et j’aime croire à l’existence de ces créatures. De plus, j’avais écouté l’épisode d’Affaires sensibles qui lui était consacré quelque temps avant de partir et cela avait à nouveau éveillé tout mon intérêt pour Nessie.

Je suis très heureuse de cette balade autour du lac car j’ai eu l’occasion de voir deux endroits absolument magnifiques. Comme je le disais plus haut, il est très fréquent d’arriver subitement sur un paysage qui vous coupe le souffle. Un lac là où on ne l’attend pas (photos 1 et 2 ci-dessous) ou des montagnes qui se dressent à perte de vue (photos 3 et 4). Si les photos 1 et 2 sont assez fidèles à la réalité, elles ne traduisent pas la beauté du spectacle qui est apparu devant moi sur les photos 3 et 4.

Arrivée en haut d’une crête, j’ai découvert une immense vallée avec des montagnes à l’infini et un ciel immense. Je suis sortie de la voiture et je fus envahie par un silence comme j’en ai rarement entendu (peut-on entendre le silence ?). Il n’y avait que le bruit du vent dans mes oreilles. J’en garde un souvenir très émouvant car je me suis littéralement retrouvée clouée sur place, abasourdie par tant de beauté. Cela me rappelle beaucoup la Laponie. Ce sont des endroits où il n’y a pas d’activité humaine à des dizaines de kilomètres à la ronde. C’est un silence vraiment très spécial que je n’ai retrouvé qu’en des lieux comme ceux-ci.

J’ai terminé mon tour du lac en m’arrêtant près de la caravane de Steve Feltham. En 1991, il a quitté sa femme et mis en vente sa maison pour venir s’installer au bord du Loch Ness à la recherche du monstre. Après 24 années d’observation, Steve a mis un terme à sa quête et a décrété que Nessie n’est probablement qu’un « gros poisson » #tristesse. Je me suis arrêtée au Dores Inn, un restaurant juste à côté, pour manger avant de reprendre la route pour ma petite maison au milieu de la forêt.

A bientôt pour la suite de mon voyage !

Êtes-vous déjà allé.e en Écosse ? Avez-vous aimé ? Est-ce un voyage qui pourrait vous intéresser ?

Avez-vous vu Nessie ? 😉