Être introverti⋅e et bien le vivre au quotidien

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de ces deux types de personnes : les introverti⋅e⋅s et les extraverti⋅e⋅s. On retrouverait 40% de chaque dans la population et 20% d’individus étant un peu des deux. C’est au cours d’une discussion avec ma meilleure amie que je me suis dit que j’allais écrire à ce sujet. En effet, que l’on soit introverti⋅e ou extraverti⋅e, je pense qu’il est important de connaître sa manière de fonctionner. Cela permet de savoir ce qui nous fait nous sentir bien tout en évitant de nous mettre dans des situations inconfortables.

Dans cet article, j’aborderai principalement l’introversion puisque c’est celui que je connais le plus. Après une définition des principales caractéristiques de ce trait de personnalité, nous verrons l’importance d’une meilleure connaissance de soi et de quelle manière organiser ses activités pour vivre au mieux avec son introversion. Je partagerai finalement les habitudes que j’ai mises en place et qui m’aident au quotidien.

J’espère que ces prochaines lignes pourront donner quelques pistes à tou⋅te⋅s les petit⋅e⋅s et grand⋅e⋅s introverti⋅e⋅s derrière leurs écrans ♥

COMMENT SAVOIR SI JE SUIS INTROVERTI⋅E ?

Il existe plusieurs tests en ligne (par exemple celui-ci) qui pourront vous donner une première indication si vous n’en avez aucune idée. Vous pouvez également lire les principales caractéristiques de l’un et de l’autre afin de voir dans lequel vous vous reconnaissez le plus.

Vous êtes probablement introverti⋅e si :

◊ Chez vous est l’endroit où vous vous sentez le mieux

◊ Vous aimez la solitude et en avez besoin pour vous ressourcer

◊ Vous ressentez de la fatigue après avoir été en contact avec d’autres personnes durant une plus ou moins longue période

◊ Avoir du temps pour vous est vital pour bien fonctionner

◊ Vous avez besoin d’un environnement calme pour vous concentrer et travailler (le moindre petit bruit peut vous déconcentrer)

◊ Vous parlez souvent moins que les autres lorsque vous êtes dans un groupe

◊ Il vous est difficile d’entrer dans une pièce ou une salle où se trouvent beaucoup de personnes, connues ou inconnues

◊ Vous avez un petit cercle d’amis, mais tous sont des amis très proches

◊ Vous n’aimez pas le small talk et les discussions vides de sens mais vous adorez les discussions profondes

◊ Vous êtes plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral

◊ Vous n’aimez pas recevoir des appels téléphoniques

◊ Lors d’une séance professionnelle ou dans un groupe, vous prenez le temps de bien formuler votre intervention dans votre tête avant de prendre la parole.

UN⋅E INTROVERTI⋅E AU QUOTIDIEN

La vie d’un⋅e introverti⋅e n’est pas toujours très simple dans une société davantage adaptée aux extraverti⋅e⋅s et à leur manière de fonctionner. En effet, il est souvent valorisé d’avoir un large cercle d’amis, de connaître beaucoup de gens, de faire des activités le soir ou le week-end, de sortir, de rencontrer plein de monde, de maîtriser le small talk et de savoir parler en public tout en étant à l’aise. Ces situations du quotidien sont malheureusement assez difficiles pour les introverti⋅e⋅s. Cela ne veut pas dire qu’ils ou elles en sont incapables, seulement que leur réalisation leur demande beaucoup d’énergie.

Pour illustrer simplement leur manière de fonctionner, nous pouvons utiliser une batterie en guise de métaphore. La batterie d’une personne introvertie se décharge lorsqu’elle est en contact avec des gens qui ne sont pas dans son cercle restreint ou lorsqu’elle est dans une situation où les stimulations sont importantes : bruits extérieurs, être au milieu de la foule dans le métro, dans le bus, dans les magasins, devoir parler en public, rencontrer des inconnus. Au contraire, la batterie se recharge lorsque la personne se trouve dans un endroit calme et tranquille, seule ou en compagnie d’un proche. Pour une personne extravertie, ce sera totalement l’inverse.

Sachant ceci, on peut imaginer combien une journée type dans la vie quotidienne peut être demandeuse en énergie pour un⋅e introverti⋅e : prendre les transports en commun, travailler dans un open space où le bruit est constant, manger avec ses collègues à midi, avoir une réunion de travail durant l’après-midi, retrouver des amis dans un restaurant bondé en début de soirée. Les perceptions d’un⋅e introverti⋅e et d’un⋅e extraverti⋅e divergeront lors d’une telle journée. L’un⋅e en sortira épuisé⋅e, l’autre galvanisé⋅e.

Si les situations précédentes ne sont pas le fort d’un⋅e introverti⋅e, ce type de personnalité est par contre particulièrement à l’aise et dans son élément dans les situations suivantes : il est souvent un bon ami car il apprécie particulièrement les relations proches. Il affectionne être en interaction avec une ou deux personnes et avoir des discussions approfondies et sincères. En général, un⋅e introverti⋅e a une bonne capacité d’écoute, il/elle aime entendre ses amis se confier et échanger avec eux. Il/elle écoute attentivement, pose des questions et est réellement concerné⋅e par les joies et les peines de ses proches. Au contraire, un⋅e introverti⋅e n’est pas très à l’aise dans les larges cercles d’amis où il/elle peine à trouver sa place. Il/Elle essaiera de se rapprocher d’une ou deux personnes dans ce groupe afin de se lier plus en profondeur mais ne parviendra pas à s’épanouir s’il/elle ne peut pas tisser ce type de lien spécial.

Dans le monde professionnel, une personne introvertie apprécie travailler seule dans un endroit silencieux ; ce sont les conditions idéales pour qu’elle soit efficace. Elle aime maîtriser le sujet dont elle parle et c’est pourquoi elle se prépare minutieusement avant une présentation orale ou avant un appel téléphonique car elle n’est pas très à l’aise dans l’improvisation ou l’inattendu, encore moins devant des inconnus. Un⋅e introverti⋅e a besoin de rassembler ses idées intérieurement ou sur papier pour y faire le tri et les organiser avant de pouvoir les transmettre à autrui. Par exemple, avant une prise de parole lors d’une réunion ou dans un groupe de travail, il/elle va d’abord formuler sa phrase dans sa tête avant de la dire à voix haute.

Une personne introvertie a besoin de beaucoup de moments calmes pour se sentir bien. Les activités tranquilles lui plaisent et c’est ainsi qu’elle fait le plein d’énergie pour pouvoir ensuite « affronter » l’extérieur. Souvent, elle apprécie la solitude qui lui permet de se consacrer à ce qu’elle aime. Un⋅e introverti⋅e étant rapidement submergé⋅e par les évènements extérieurs, rester seul⋅e et au calme lui permet de garder le niveau des stimuli externes suffisamment bas pour que cela ne lui coûte pas d’énergie.

Je suis actuellement en train de lire Chez soi de Mona Chollet, un livre formidable qui souhaite « montrer la sagesse des casaniers, injustement dénigrés ». L’autrice y fait l’apologie de celles et ceux qui aiment et surtout qui ont besoin de rester à la maison. En voici un passage qui illustre bien ce paragraphe : « Beaucoup éprouvent un besoin tout aussi régulier de solitude. Mais il leur sera très difficile d’en imposer la légitimité. La société continue de prendre cette revendication comme un affront. Vouloir rester chez soi, s’y trouver bien, c’est dire aux autres que certains jours – certains jours seulement -, on préfère se passer de leur compagnie ; et cela pour se consacrer à des occupations ou, pire, à des absences d’occupation. Qui oserait refuser une invitation en expliquant en toute simplicité qu’il est mieux chez lui ? On le jugera capricieux, snob, égoïste ; on l’accusera de jouer les divas, on se demandera pour qui il se prend. Mieux vaut trouver une excuse plus solide : on a du travail, on est un peu malade.. Le tort que nous nous infligeons en nous refusant le droit à ces plages régulières de quant-à-soi, de recul, de lenteur, de plénitude rêveuse, en le refusant aux autres, est incommensurable. Ce n’est pas un état productif (..) mais c’est un état fécond, et même vital, qui permet la respiration de l’être, son ancrage dans le monde ». C’est beau, n’est-ce pas ?

Être introverti⋅e ou extraverti⋅e n’est pas quelque chose qui peut se modifier, c’est ainsi et il faut faire avec. C’est en identifiant à quel type on appartient et en aménageant son quotidien en fonction qu’il sera possible de vivre au mieux avec son mode de fonctionnement.

VERS UNE MEILLEURE CONNAISSANCE DE SOI

Il est bien dommage que l’on ne nous apprenne pas au cours de notre enfance, à l’école ou ailleurs, comment vivre avec notre type de personnalité. C’est une démarche que l’on doit faire seul, au fur et à mesure de notre évolution, en réfléchissant sur soi, en se questionnant, en lisant des livres. Mais ce n’est pourtant pas si simple. En effet, comment savoir si l’on est introverti⋅e (ou extraverti⋅e ou hypersensible ou autre) si on n’en a jamais entendu parlé auparavant ?

De mon côté, ce sont mes cours de psychologie à l’Université et mon intérêt pour le développement personnel qui m’ont permis de me familiariser avec ces sujets. Vers l’âge de 22/23 ans, j’ai commencé à mieux me connaître mais aussi à comprendre comment je réagissais aux évènements. J’ai réalisé qu’il y a tout un processus qui se met à l’œuvre entre 20 et 30 ans (en tout cas, ce fut le cas pour moi, je ne sais pas pour vous) : on commence à mieux se connaître, à identifier ce dont on a besoin et ce qui est plus difficile, on remarque dans quelles situations on est à l’aise, dans lesquelles on l’est moins. Lors de cette première phase d’observation, on constate, mais on n’opère pas encore de véritable changement. Ensuite, plus le temps passe, plus on s’accepte tel que l’on est. On commence alors à penser à soi avant de penser à ce que pourraient penser les autres de soi. On assume davantage qui l’on est, ce que l’on est, et tant pis si cela ne plaît pas à autrui.

Cette étape est importante car une meilleure connaissance de soi et de ses besoins aide vraiment à être plus heureux et à mieux vivre sa vie. Quand on se connaît, on peut réfléchir et aménager son quotidien pour qu’il corresponde à son mode de fonctionnement. Il y aura toujours des gens qui diront qu’il ne faut pas trop s’écouter, qu’il faut se mettre des pieds aux fesses. Mais demandons-nous pourquoi. Pourquoi ne faudrait-il pas s’écouter ? Pourquoi ne pas essayer d’agir en accord avec notre personnalité et les éléments qu’on ne peut pas changer chez soi ? Lorsque l’on se force à faire quelque chose, il est intéressant de se demander pourquoi est-ce que l’on se force. Que recherche-t-on ? Qu’essaie-t-on d’éviter ? N’a-t-on pas peur du jugement des autres ?

Bien souvent, les introverti⋅e⋅s ont appris à refouler ce côté-là d’eux-mêmes car, comme on l’a vu plus haut, les besoins de ce type de personnes ne sont pas très valorisés dans notre société. Il est difficile de trouver sa place en étant introverti car une importance démesurée est donnée aux apparences (il est plus important de savoir bien parler de son travail plutôt que le faire à la perfection, il est plus important de bien se vendre plutôt que d’être réellement une bonne personne, etc), et les introverti⋅e⋅s ne comprennent pas trop ces faux-semblants. Mais ils/elles essaient, pour réussir à s’intégrer davantage dans un groupe, au travail, au sein d’un cercle d’amis. Cela peut fonctionner, mais à quel prix ? Ne serait-il pas plus simple de s’accepter tel que l’on est ? De valoriser les caractéristiques propres à l’introversion, d’en faire des forces, de les mettre en avant ?

Une fois qu’on a compris tout ça, qu’on l’a accepté, c’est vraiment une nouvelle vie qui commence.

MES EXPÉRIENCES VERS LA COMPRÉHENSION DE MON INTROVERSION

Je ne sais pas vraiment quand j’ai découvert que j’étais introvertie. Je sais que je le suis depuis toute petite car aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu besoin de moments calmes et j’ai aussi toujours aimé rester chez moi. Lorsque j’avais 12/13 ans, Internet est arrivé dans les foyers et je pense que ce fut une aubaine pour les introverti⋅e⋅s qui, bien souvent, se sentent plus à l’aise derrière un écran que dans la vraie vie. Ce fut mon cas et j’ai ainsi passé beaucoup de temps sur mon ordinateur durant mon adolescence, d’abord en étant animatrice sur une plateforme pour jeunes puis en créant un site sur la série Friends que j’ai tenu plusieurs années et qui occupait la plupart de mes soirées et week-ends.

Au niveau relationnel, j’ai eu la chance d’avoir toujours été entourée d’amies introverties et nous sommes restées soudées en très petit comité de notre enfance jusqu’à aujourd’hui. Cela a joué un grand rôle durant mon adolescence et début de vie adulte car je n’ai jamais vraiment eu ce sentiment d’être différente, incomprise ou exclue, comme peuvent parfois le ressentir les introverti⋅e⋅s. En effet, mes amies ayant plus ou moins les mêmes besoins que moi, nous nous comprenons toutes très facilement, parfois même sans avoir besoin d’en parler explicitement.

Lorsque j’ai commencé à travailler à Paris, j’ai découvert qu’il était de coutume de passer vers tous les collègues pour se faire la bise chaque matin. Quel enfer ! Je pense que c’est une des premières fois où je me suis affirmée en informant mes chers compagnons de travail que ces bises ne passeraient pas par moi. Même si je voyais bien que c’était l’usage et que ne pas le faire pouvait être potentiellement mal vu, je ne voulais pas me forcer à faire le tour du bureau tous les jours quand j’arrivais. D’ailleurs, j’avais même demandé à mes collègues de me dire bonjour de loin en me faisant signe avec la main. Certes, c’est une différence de culture car en Suisse ce n’est pas une pratique courante, mais je pense qu’une autre personne n’aurait pas été autant dérangée par cette habitude (mon copain s’en était d’ailleurs très bien accommodé).

Dans le même registre, il est souvent d’usage de dîner avec ses collègues à midi, en Suisse ou en France. A Paris, j’habitais à un quart d’heure à pied de mon travail et j’étais ravie de pouvoir rentrer chez moi durant la pause. Manger avec mes collègues était une activité qui m’épuisait. Quand je revenais à ma place de travail à 13h30, j’étais au bout du rouleau. Ça ne veut pas dire que je ne les aimais pas. Ça veut juste dire que si j’ai le choix entre être toute seule ou manger à plusieurs à midi, je préfère cent fois être seule. Alors il est vrai que cela m’a valu le doux surnom de « la sauvage », mais ça ne m’a jamais dérangé ni vexé car de un, c’est la vérité et je n’ai aucun problème avec ça, et de deux, ça ne veut pas dire que l’on ne s’appréciait pas mutuellement. J’ai passé de super moments avec mes collègues en dehors du travail et j’ai pu nouer une très belle amitié avec plusieurs d’entre eux qui sont devenus des copains et des copines que je revois chaque année.

Avec le recul, je crois que je me suis autorisée à agir ainsi car j’étais à l’étranger, dans un domaine où je ne connaissais personne, et je me moquais complètement de ce que pouvaient penser les autres. Ce fut une très bonne expérience qui m’a permis de voir que c’était en exprimant mes besoins que je pouvais me sentir bien. Que les autres puissent mal le prendre, au fond, c’est leur souci. A eux de réfléchir sur les raisons qui les poussent à vous juger négativement alors que, de votre côté, vous ne faites que dire tout haut ce dont vous avez besoin.

MES TECHNIQUES POUR MIEUX VIVRE AVEC MON INTROVERSION

Comme je le disais plus haut, c’est au fur et à mesure des années que j’ai réussi à identifier quelles situations sont difficiles pour moi et que j’ai réussi à mettre en place des choses pour essayer de les vivre de la manière la moins inconfortable.

Premièrement, j’étudie toujours l’ensemble de la semaine avant de prévoir des activités. Je ne planifie pas, dans la mesure du possible, des trucs qui vont durer toute la soirée deux jours de suite (exception faite du week-end). Deuxièmement, je fais en sorte d’avoir, chaque semaine, suffisamment de temps pour moi où je n’ai rien de prévu et où je vais pouvoir vaquer à mes occupations. J’aime rester chez moi pour lire sur mon canapé, regarder des séries, cuisiner, écouter des histoires, faire des puzzles en hiver, boire des tisanes, préparer des soupes, me balader seule ou à deux, observer la nature et la vie et écrire sur mon blog ou ailleurs. Comme la plupart des introverti⋅e⋅s, j’aime réfléchir aux choses et vivre dans mon monde intérieur bien rempli.

Il y a peu, j’ai réalisé que je pouvais me mettre à l’écart quelques instants pour récupérer un peu d’énergie lorsque j’étais dans des situations fatigantes. J’en ai parlé avec ma meilleure amie l’été dernier et on a pu mettre à exécution cette découverte. Nous étions invitées à un mariage et l’évènement durait du matin jusqu’au milieu de la nuit. Même si c’était un grand plaisir d’y assister, on savait que cela allait faire un peu long d’être toute la journée entourées de gens, de bruits, d’interactions. Par chance, le repas se déroulait là où nous logions, nous nous sommes donc absentées une petite heure pour nous coucher au calme dans notre chambre. Ce moment loin de l’agitation nous a vraiment fait du bien. On a rempli notre jauge d’énergie et on est revenues super en forme prêtes à faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Il suffit parfois de peu pour se sentir revigorée.

A l’extérieur, j’ai remarqué que je suis bien plus à l’aise dans un coin qu’au milieu d’un espace. Au restaurant, je choisis toujours la table le plus à l’écart possible. Au cinéma, je m’assieds toujours à l’une ou l’autre extrémité de la rangée (je n’aime pas être au milieu car il y a des gens à gauche, à droite, devant et derrière). Dans le bus, ma place préférée est celle au fond à droite ou celle la plus éloignée des autres personnes. Le matin, je préfère mille fois aller au travail à pied, marcher durant 30 minutes en écoutant un podcast et en ayant mon espace vital bien à moi plutôt que prendre le bus et être serrée comme une sardine pendant 15 minutes avec plein de gens autour de moi. Au supermarché, s’il existe des caisses libre-service, je vais exclusivement à celles-là pour ne pas avoir besoin de parler avec quelqu’un.

J’adore vivre en ville où je ne connais personne, je ne rencontre ainsi jamais de connaissances lorsque je fais mes courses et cela m’enlève un stress. Je refuse parfois d’aller à des soirées parce que j’ai envie de rester chez moi et pour tout vous dire, je n’en ai absolument pas honte. J’ai aussi la chance d’avoir des amies qui sont comme moi, nous n’avons ainsi aucun problème à nous dire sincèrement « écoute ce n’est pas possible pour cette fois, j’ai eu trop aujourd’hui et j’ai besoin de rester chez moi au calme », et on se comprend. Je sais que ça peut faire très sauvage, mais c’est comme ça et je sais que tout plein d’introverti⋅e⋅s vivent la même situation.

Cela dit, j’aimerais toutefois préciser que cela ne veut pas dire que les personnes introverties n’aiment pas les gens, ni qu’elles sont hautaines, malhonnêtes ou même timides. Cela ne veut pas dire non plus qu’elles n’apprécient pas aller à des fêtes, sortir, parler avec autrui, faire des connaissances. Elles ont juste besoin d’être dans un état intérieur propice à ce genre d’activités. Si elles ont eu le temps de se ressourcer (et cela leur prend davantage de temps que la plupart des gens), si elles ont fait le plein d’énergie, alors elles seront pleinement disponibles pour aller à la rencontre d’autrui et apprécieront réellement ces moments.

Aujourd’hui, je pense pouvoir dire que je me connais, je sais reconnaître les situations où il y aura trop de choses à gérer pour moi, j’anticipe et j’aménage mon emploi du temps en fonction. Je parviens à m’écouter et lorsque je n’ai pas envie de faire quelque chose, bien souvent je ne le fais pas. A partir du moment où je constate que je ne serai plus dans le plaisir mais dans la souffrance, je ne vois pas le bénéfice de me forcer.

Finalement, je crois que la solution pour se sentir bien réside toujours dans deux éléments-clés : une bonne connaissance de soi et un affranchissement du regard des autres. En effet, quand on agit exclusivement en fonction du jugement que pourrait porter autrui sur notre comportement, il est impossible d’être en adéquation avec ses propres besoins. Pourtant, n’est-ce pas ce qu’il y a de plus important ?

Et vous, êtes-vous introverti⋅e ou extraverti⋅e ? Comment le vivez-vous ? Comment l’avez-vous découvert ?

30 jours de yoga avec Adriene | Mon bilan

Au mois de janvier, j’ai participé au challenge Dedicate, 30 jours de yoga avec Adriene. Ce défi a changé beaucoup de choses en moi et a véritablement modifié ma façon d’envisager le sport. J’ai pensé qu’il serait intéressant de partager mes observations et mes découvertes. Peut-être pourront-elles aider ou accompagner certain.e.s d’entre vous sur un chemin différent en ce qu’il concerne votre pratique sportive. Si vous n’êtes pas du tout actif.ve physiquement, ne partez pas. C’était quasiment mon cas il y a un mois. Si vous n’aimez pas le sport intense, si vous n’aimez pas les activités qui font transpirer, cet article est fait pour vous. J’espère que ces prochaines lignes pourront vous donner envie de rejoindre Adriene pour une pratique régulière du yoga.

▸ COMMENT SE DÉROULE LE CHALLENGE « 30 JOURS DE YOGA AVEC ADRIENE » ?

Le principe est très simple : chaque jour pendant un mois, Adriene poste une vidéo d’un cours d’une vingtaine de minutes. Face à notre écran, sur notre tapis de yoga, nous exécutons les postures en même temps qu’elle en nous laissant guider par sa voix. De son côté, Adriene détaille les gestes, explique ce que l’on ressent dans le corps, dit quand il faut inspirer et expirer et nous encourage lorsque certains mouvements sont plus difficiles que d’autres. On dirait vraiment qu’elle est avec nous dans la pièce !

En suivant le challenge durant trente jours, on retrouve régulièrement les mêmes enchaînements et cela permet d’avancer en terrain connu, de véritablement s’améliorer, se sentir à l’aise et plus en confiance. J’avais vraiment le sentiment de faire partie d’un grand groupe de personnes qui font du yoga toutes ensemble quotidiennement (il y a 4 millions d’abonné.e.s à sa chaîne Youtube).

Si on manque un ou deux jours, aucun problème, on reprend là où l’on s’est arrêté.e.

▸ POUR QUI ?

Le yoga est un sport qui convient à tout le monde, que vous soyez sportif.ve ou non, jeune ou plus âgé.e. En grand résumé, il s’agit d’un enchaînement de postures que l’on maintient plus ou moins longtemps auxquelles s’allie une respiration consciente qui accompagne l’effort. On inspire et on fait un mouvement, on expire et on en fait un autre.

Le yoga est adapté pour les personnes ayant des douleurs musculaires ou qui ne sont pas assez souples. En pratiquant régulièrement, il permet un meilleur maintien de la posture corporelle dans la vie quotidienne et un meilleur souffle.

Quant au challenge de 30 jours, il est adapté aux débutants comme aux plus avancés. Adriene donne toujours plusieurs variantes des postures afin de les rendre accessibles à toutes et tous. Il est ainsi tout à fait possible de débuter ce défi sans n’avoir jamais fait de yoga auparavant.

▸ QUEL MATÉRIEL ?

J’ai acheté un tapis de yoga chez Ochsner, j’ai pris le plus basique et je l’ai payé 25.- en solde. Il convient tout à fait à ce type de pratique. J’ai également investi dans un pantalon adapté (j’ai fait la première semaine en pyjama et ce n’est pas franchement l’idéal) et un débardeur Nike un peu serré pour éviter qu’il remonte à chaque posture où l’on a la tête en bas. Je me sens hyper bien dans cette tenue qui est ultra confortable et c’est le top pour ce genre d’activité.

▸ MON BILAN & CE QUE J’AI COMPRIS

Ces trente jours de yoga m’ont fait comprendre quelque chose d’essentiel : nous avons toutes et tous un type de sport qui nous convient le mieux. J’avais cette (fausse) idée que faire du sport, c’est courir, faire de la musculation ou des cours de step. Que faire du sport rime obligatoirement avec transpiration de l’extrême (je parle de sortir de la salle en sueur, les cheveux mouillés et les habits détrempés) ou avec la volonté d’aller toujours plus loin et plus vite. Et bien en fait pas du tout. S’il y a différents types de sport, c’est parce qu’il y a différents types de personnes. De la même façon que nous n’aimons pas tous les poivrons ou les champignons, nous ne pouvons pas tous aimer le même genre d’activités physiques.

Certain.e.s adorent les sports plutôt intenses, qui permettent de se dépenser de façon énergique, alors que d’autres aiment ceux plus doux, qui font travailler le corps en profondeur de manière lente. Ce sont deux pratiques totalement distinctes mais toutes les deux sont une manière de pratiquer une activité physique. Comprendre ceci m’a vraiment permis d’envisager le sport différemment.

Je sais que je n’ai pas réussi à comprendre cela plus tôt pour la raison suivante : les sports doux ne sont pas très valorisés par les autres sportifs, qui, eux, font de vrais sports. On m’a souvent dit que le yoga n’en est pas véritablement un, qu’être couché.e sur un tapis, ce n’est quand même pas très compliqué (et si en plus tu ne transpires pas à la fin de la session..). C’est un a priori que je peux comprendre, j’aime d’ailleurs parfois plaisanter à ce sujet également mais je crois qu’il est important de sortir de cette idée reçue qui empêche des gens de trouver l’activité qui leur convient le mieux.

Longtemps, pendant plus de dix ans, j’ai pensé que je n’aimais pas le sport. Quand j’étais petite, j’adorais la gym et je faisais des cours de tennis mais j’ai tout arrêté à la fin de l’école secondaire. Depuis, j’ai essayé à intervalles réguliers de me mettre à la course à pied (j’ai fait deux fois les 4km de Lausanne en un temps que je n’oserais pas communiquer), j’ai même lancé l’idée de faire un marathon avec mes copines après avoir assisté à la fin de celui de Paris (ça me donnait envie d’arriver sur la dernière ligne droite telle une héros sous les acclamations du public – résultat il n’y en a qu’une qui a relevé le défi et ce n’est pas moi haha). A chaque fois, mes tentatives de reprendre une activité de manière ponctuelle n’ont pas abouti.

Mais aujourd’hui, j’ai enfin compris. Grâce à ce challenge de 30 jours, j’ai découvert qu’il n’est pas vrai que je n’aime pas le sport. Je n’aime pas certains types de sport. Je n’aime pas courir. Je n’aime pas faire un trop grand effort sur une longue durée. Je n’aime pas devoir persévérer quand je souffre. Je ne retire aucune satisfaction dans ces situations. Par contre, j’aime beaucoup marcher (à plat), j’aime faire du yoga et j’aime faire du tennis. Ça veut donc dire qu’il est possible de trouver des activités qui me plaisent, me correspondent et dans lesquelles j’ai du plaisir. Et si c’est le cas pour moi, c’est également le cas pour vous. A titre d’exemples, je fais l’aller-retour travail-maison à pied et j’en ai pour une heure de marche au total, nous allons au tennis une ou deux fois par mois avec mon copain, et, depuis le 1er janvier, je fais vingt minutes de yoga tous les jours.

Lorsque j’ai commencé ce challenge, je n’étais vraiment pas sûre d’arriver au bout. J’étais motivée mais j’étais persuadée que je n’aurais jamais la persévérance nécessaire pour faire trente jours de suite. Et pourtant, j’y suis parvenue. Chaque fin de journée, je me réjouissais de dérouler mon petit tapis, d’enfiler mes vêtements confortables et de retrouver Adriene pour ma session quotidienne. C’est une femme vraiment très sympathique, elle parle beaucoup et donne plein de conseils qui aident à se sentir bien et à avoir confiance en soi. Je ne crois pas y être allée un jour à reculons. C’était d’ailleurs la première chose que je faisais en rentrant du travail.

La première semaine, chaque fois que j’arrivais au terme d’un cours (il y a une jolie petite musique qui s’enclenche quelques instants avant la fin), j’avais un peu les larmes aux yeux (ceux qui rient derrière leur écran sachez que vous irez en enfer). J’étais tellement contente d’arriver au bout. Et j’étais aussi heureuse car je ne m’en croyais vraiment pas capable.

Je pense qu’il ne faut pas partir dans ce challenge en se disant que l’on va faire trente jours non-stop. Il faut, comme dans tout projet que l’on entreprend, faire une chose après l’autre, et dans ce cas, faire un jour après l’autre. Sans voir plus loin. Sans se mettre la pression. Simplement, se donner rendez-vous sur son tapis de yoga jour après jour.

Les bénéfices sont nombreux et varient d’une personne à l’autre. De mon côté, je me sens davantage ancrée et connectée à moi-même, je me sens plus forte sur mes jambes et ma posture est bien plus droite. Je peux également dire que cette pratique améliore vraiment la condition physique, sans que l’on s’en rende forcément compte. Par exemple, le week-end dernier, nous avons fait un tour en raquettes de 9 kilomètres avec mes copines. Pour moi, c’est beaucoup et c’est difficile. J’avais du mal sur le moment mais je n’ai pas eu de courbatures les jours suivants et je suis sûre que mes 30 jours de yoga y sont pour beaucoup.

J’ai terminé le challenge au début du mois de février. J’ai un peu pleuré pour de vrai quand je suis arrivée à la fin de la dernière vidéo. J’étais tellement fière de moi, avoir réussi à faire vingt minutes de sport par jour pendant trente jours. C’était une grande victoire et une étape de franchie car c’était la preuve que j’en étais capable. J’ai pris une petite pause d’une semaine et j’ai recommencé un autre challenge de 30 jours (elle en a plusieurs sur sa chaîne), celui qui s’appelle True et qui date de l’an dernier.

Voilà, je crois avoir partagé tout ce que j’avais à dire à ce sujet Person in Lotus Position on Apple iOS 12.1 J’espère que cet article aura pu vous être utile et aura peut-être éveillé votre curiosité pour ces cours de yoga à domicile. Je suis tellement ravie de cette découverte que je me souhaite de poursuivre encore longtemps les sessions d’Adriene depuis mon salon et je vous souhaite à vous de trouver une pratique qui vous corresponde totalement. Namasté ♥

Et vous, quelle est votre relation avec le sport ?

Connaissez-vous le challenge 30 jours de yoga avec Adriene ? L’avez-vous déjà pratiqué ? Si non, pourrait-il vous tenter ?