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Mes dernières lectures #6

Ma précédente revue littéraire date de décembre dernier, ça fait bien trop longtemps ! J’ai beaucoup lu cette année, des romans, des bandes dessinées (je suis en train de relire Les Schtroumpfs ♥), des livres féministes. Je ne peux pas tout présenter dans le même article alors voici déjà une première sélection de livres qui m’ont transportée dans leurs mondes l’espace de quelques jours ou semaines. J’espère que vous pourrez y trouver un peu d’inspiration pour vos prochaines lectures.

Rosemary’s baby
Ira Levin

Résumé : New-York, dans les années 1960. A la recherche d’un nouvel appartement après leur mariage, Rosemary et Guy Woodhouse reçoivent une bonne nouvelle : un logement vient de se libérer au Bramford, un ancien immeuble réputé pour le charme de ses intérieurs. Ils emménagent rapidement et tout semble se passer pour le mieux. Leurs voisins sont charmants et se montrent prévenants à leur encontre, toujours là pour les aider ou pour leur rendre service. Guy est un jeune acteur en attente de son premier grand rôle et Rosemary prend soin de la décoration de la maison. Alors qu’ils sont ravis de leur nouvel emménagement, ils apprennent que des évènements étranges se produisent au Bramford depuis de nombreuses années. Suicides, morts inexpliquées. Rosemary tombe enceinte et la situation se péjore. Elle est assaillie par la douleur et commence à faire des cauchemars inexpliqués. Guy, quant à lui, change, devient distant. Et ces voisins, toujours plus présents et insistants. Que veulent-ils ? Rosemary ou son bébé ?

Mon avis : Rosemary’s baby est un roman d’horreur et cela faisait très longtemps que je n’avais plu lu un livre de ce genre. Il n’est pas effrayant mais l’ambiance y est oppressante et l’on sent le monde se refermer petit à petit sur cette pauvre Rosemary. Je l’ai lu en quelques jours, il m’a tenu en haleine deux soirs de suite où je ne pouvais plus en arrêter la lecture tant je voulais connaître la suite.

J’ai apprécié le personnage de Rosemary, une femme forte et indépendante qui oscille entre l’affirmation d’elle-même et le désir de se conformer aux demandes d’autrui. Je l’ai trouvée courageuse avec plusieurs élans de lucidité et de prises de décision. Malheureusement, on l’observe se débattre du mieux possible au milieu de son entourage mais la tâche lui est rendue quasi impossible et pour cause, elle ne sait pas en qui elle peut avoir confiance. Les autres personnages du livre sont Guy, son mari, dépeint comme un homme relativement fade, sans grand caractère ni signe particulier ainsi que Minnie et Roman Castevet, les charmants voisins qui pourraient bien cacher un lourd secret.

Un très bon livre que je vous conseille volontiers, particulièrement si vous aimez les romans où on a du mal à arrêter de tourner les pages. Pour info, j’ai découvert en faisant quelques recherches sur internet qu’il existe une suite écrite par l’autrice 30 ans après la parution de Rosemary’s baby. Je vais voir si je le trouve !

Note : 4/5

Une vie sans fin
Frédéric Beigbeder

Résumé : Beigbeder a pris une grande décision : il renonce à la mort. Elle passera par tous mais pas par lui. Il part donc avec sa fille aux quatre coins de la planète pour rencontrer divers spécialistes du corps humain afin d’apprendre comment devenir immortel.

Mon avis : Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises sur le blog, Beigbeder est l’un de mes écrivains préférés et je crois qu’il n’y a pas un seul de ses livres que je n’ai pas aimé. Celui-ci est comme les autres : la lecture est fluide, on est à mi-chemin entre le réel et la fiction et on se laisse facilement emporter dans l’histoire.

Dans Une vie sans fin, il se questionne sur la mortalité et l’immortalité, il livre ses inquiétudes sur son rôle de papa de deux enfants, on découvre les préoccupations qui l’habitent maintenant qu’il a plus de 50 ans et on prend connaissance des dernières avancées de la science pour ralentir le vieillissement. On y retrouve la drôlerie et la justesse de ses réflexions sur le fonctionnement de notre monde et je crois que ce sont ces dizaines de petites phrases que l’on peut extraire pour en faire des citations qui me plaisent plus que tout dans les romans de Beigbeder.

Ce livre est aussi la critique d’un monde à deux vitesses : les riches qui accèdent à certaines technologies et les pauvres qui n’en ont pas les moyens. L’exemple le plus frappant est lorsqu’il se rend dans une clinique en Autriche où il paie une fortune pour se détoxifier sans rien manger. N’en est-on pas arrivés à des situations insensées ? J’ai aimé me plonger dans ce roman l’espace de quelques jours et je vous le conseille si vous recherchez une lecture amusante et instructive en même temps.

Note : 4,5/5

Les Furies
Lauren Groff

Résumé : Lotto et Mathilde se rencontrent à l’Université. Le coup de foudre. Ils s’aiment, se marient, emménagent ensemble. Dix ans plus tard, où en sont-ils ? Lotto est devenu un scénariste à succès et Mathilde a œuvré dans l’ombre pour lui permettre d’en arriver là. De l’extérieur, tout semble parfait. Et si l’on y regardait d’un peu plus près ? Et si l’on entendait la version des deux protagonistes ?

Mon avis : Dans Les Furies, il y a l’histoire des deux personnages principaux en premier plan et un questionnement sur le couple en arrière-plan. Ce livre interroge la mince frontière entre le mensonge et l’omission volontaire de certains éléments au cours de la vie commune et c’est dans la seconde partie que l’on comprend qu’il y a toujours deux versions d’une même histoire. En effet, après avoir découvert leur vie à travers les yeux de Lotto, on passe du côté de Mathilde qui nous la livre d’une façon toute différente. On comprend alors que l’interprétation qu’a faite Lotto de certains évènements est tout à fait erronée.

J’ai apprécié ce roman pour ce message qui fait réfléchir et qui propose une façon parmi d’autres d’être en couple en détaillant la manière dont la relation s’est construite et comment elle a évolué au fil des années. Cela dit, j’ai moins accroché au récit dans son ensemble ; certains passages sont longs et sans intérêt (notamment les retranscriptions de scénarios écrits par Lotto) et les mêmes évènements reviennent à plusieurs reprises (les fêtes organisées par Mathilde et Lotto dans leur appartement). J’ai ainsi ressenti de l’ennui par moment au cours de ma lecture.

Toutefois, je vous le conseille pour ses rebondissements, pour cette histoire contée d’une façon totalement différente en milieu de récit et pour cette vision du couple qu’il présente, loin de ce qui est mis en avant habituellement dans les romans et dans les films.

Note : 3,5/5

Mais encore..

⋅ J’ai adoré Lait et Miel de Rupi Kaur. C’est un recueil de poèmes illustrés par des dessins très subtiles et tout en finesse. Décomposé en trois parties, il parle d’amour, de violence, d’abus sexuel, de reconstruction. C’est un magnifique ouvrage à découvrir et à savourer.

L’enfant perdue d’Elena Ferrante, le tome final de l’Amie Prodigieuse. Un magnifique dernier roman pour clore cette superbe fresque qui retrace les vies d’Elena et Lila de leur enfance à leurs 60 ans. Je me souviens encore de l’après-midi où je l’ai terminé, je tournais les dernières pages, couchée sur mon tapis, et je pleurais tant j’étais triste de quitter ces deux superbes héroïnes.

The End de Zep, une bande dessinée de type thriller écologique qui aborde le pouvoir des arbres sur notre monde. La nature n’y est pas présentée comme une victime de l’empreinte humaine mais avec un véritable pouvoir sur le sort de notre planète. J’ai beaucoup apprécié le message de fond et l’intrigue m’a séduite. Un bémol cela dit, dommage que le seul personnage féminin soit là pour « faire joli », en statut d’objet : elle est uniquement représentée en train de se remaquiller pour plaire à un homme ou en train de servir les chercheurs du laboratoire.

Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt, un livre d’une centaine de page qui se lit d’une traite. On y suit les derniers jours d’Oscar, un petit garçon de 10 ans atteint d’un cancer. Le récit se fait sous forme de lettres quotidiennes dans lesquelles Oscar écrit à Dieu afin de lui raconter sa journée. Touchant et émouvant.

Et vous, avez-vous lu un ou plusieurs de ces livres ? Vous ont-t-il plu ?

Les avantages de s’inscrire à la bibliothèque

Voilà bientôt une année que je me suis inscrite à la bibliothèque de Lausanne. Je suis tellement ravie de ce service et de toutes les possibilités qu’il offre que je voulais les partager avec vous dans un article. Vous êtes peut-être de celles qui disent j’aime acheter mes livres. En effet, je constate que la plupart des personnes à qui j’en parle me répondent ceci. C’est une position que je comprends totalement car j’étais exactement pareille, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai jamais souhaité m’inscrire dans une bibliothèque. Or, je ne sais pas pourquoi, l’année dernière, j’ai décidé de pousser les portes de celle de ma ville et de découvrir cet univers méconnu qui s’est vite révélé merveilleux pour moi. J’ai ainsi pensé à quelques-uns des principaux avantages. Si vous êtes vous aussi une adepte et que vous en avez d’autres en tête, n’hésitez pas à les laisser en commentaires afin d’étayer cette petite liste. En tous les cas, j’espère que cet article intéressera les grandes mais aussi les petites lectrices et qu’il vous donnera, peut-être, envie d’essayer vous aussi l’aventure des bibliothèques.

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Avoir accès à une importante diversité de contenus

Dans une bibliothèque, on trouve principalement des livres mais aussi des DVD, des CD, des livres audio et des livres numériques que l’on peut télécharger sur sa liseuse. A Lausanne, on peut également lire la plupart des quotidiens suisses ainsi que des magazines. Ce qui m’intéresse le plus, ce sont évidemment les livres au format papier : romans, autobiographies, bandes dessinées, guides de voyage (type Lonely Planet), des ouvrages d’histoire, de psychologie, d’informatique, de sociologie, des recueils de poèmes, des livres humoristiques. Je ne peux pas faire la liste de tous les genres que l’on retrouve à la bibliothèque mais le choix est si grand qu’on est sûre d’y trouver son bonheur.

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Lire des livres que l’on n’achèterait pas forcément

Le point précédent m’amène à celui-ci qui représente pour moi l’avantage principal. Il y a bon nombre de livres dont j’entends parler ici et là que j’aimerais lire sans avoir forcément envie de les acheter. Au-delà du prix se pose la question de la place. Lorsqu’on lit beaucoup, stocker tous ces ouvrages nécessite un grand espace pour les entreposer. Grâce à mon inscription à la bibliothèque, j’ai emprunté des dizaines de livres que je n’aurais probablement jamais lus si j’avais dû les acheter : un recueil de poèmes de Verlaine, Lait et Miel et The Sun and her flowers de Rupi Kaur, plusieurs romans d’Agatha Christie et de Stephen King, des ouvrages sur la méditation et la pleine conscience, les tomes II et III de l’Arabe du futur de Riad Sattouf ainsi que les trois volumes des Cahiers d’Esther du même auteur. Les bandes dessinées représentent typiquement le genre de livres que je veux lire mais pour lesquels je ne suis pas prête à dépenser une somme importante.

Un rayon est consacré au féminisme dans ma bibliothèque et c’est probablement le domaine où j’ai emprunté le plus de livres que je n’aurais jamais achetés. J’ai pu découvrir des recherches scientifiques, des essais ou des enquêtes sur une très grande diversité de thèmes féministes. Je retiens particulièrement celui de Mona Chollet « Beauté fatale, les nouveaux visages de l’aliénation féminine », un très bon ouvrage qui déconstruit les normes de la beauté féminine, et « Sang Tabou » de Camille Emmanuelle, consacré aux menstruations et aux tabous autour de ce sujet.

Je trouve que c’est également une bonne alternative pour les enfants. Petite, je me réjouissais d’aller chaque mois au Bibliobus pour chercher les livres que je lirais durant les quatre prochaines semaines. Ce sont bien souvent des petits livres que l’on ne lit qu’une fois et qu’il n’est pas nécessaire d’acheter. Cela peut être un joli rituel à instaurer avec ses enfants : se rendre une fois par mois avec eux à la bibliothèque et les laisser se promener dans les allées à la recherche de belles lectures.

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Lire les dernières parutions à leur sortie

Cette année, Elena Ferrante, Delphine de Vigan et Beigbeder ont sorti un nouveau roman. Ce sont mes auteurs préférés et j’achète de toute façon leurs livres. D’habitude, je dois patienter de nombreux mois afin qu’ils sortent en poche car j’ai la totalité de leurs œuvres dans ce format et pour des questions d’homogénéité, je ne veux pas compléter ma collection avec un grand format. Cette fois, j’ai pu les réserver à la bibliothèque et les lire quelques jours seulement après leur sortie.

Découvrir de nouveaux auteurs, thèmes & domaines

Ne pas avoir à débourser une certaine somme pour un livre que l’on n’est pas sûr d’apprécier permet de découvrir de nouveaux thèmes, de nouveaux auteurs, de nouveaux genres littéraires sans prendre trop de risque. Si parfois je me rends à la bibliothèque avec quelques ouvrages en tête, j’aime aussi y aller sans but précis et me balader dans les allées, lire les titres à la verticale, prendre un livre au hasard et lire la quatrième de couverture. J’ai découvert tant d’ouvrages de cette façon. Ce qui est bien, c’est que l’on peut prendre un livre sans se questionner plusieurs fois sur son utilité comme on peut le faire lorsqu’on l’achète. A la bibliothèque, on l’emprunte, on lit trois pages, et si on ne l’aime pas, on le ramène. Les livres sont classés par auteurs mais aussi par thèmes et domaines. Je me souviens m’être promenée dans le rayon Magie une fois et j’avais pris un livre par curiosité. Il y a tellement de découvertes à faire dans une bibliothèque !

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Le prix

En Suisse, il me semble que la majorité des bibliothèques sont gratuites. Dans les pays voisins, le prix n’est bien souvent pas excessif. Je me souviens qu’à Paris, je m’étais rendue dans celle de mon arrondissement pour me renseigner et l’abonnement était à moins de 50 euros par année. Lorsque l’on réfléchit au nombre de livres que l’on peut emprunter et lire durant douze mois à ce coût, l’investissement est rapidement rentabilisé. Les livres étant assez chers en Suisse, si on lit plusieurs ouvrages par mois le budget devient vite relativement conséquent. La bibliothèque permet d’assouvir sa passion pour la lecture à moindre frais.

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Consommer de manière durable

Quoi de plus écolo que d’emprunter un livre qui sera lu par des dizaines de personnes plutôt que l’acheter pour son utilisation personnelle ? Un livre utilise passablement de ressources pour sa production : papier, encre, impression, transport. Bien souvent, on ne le lit qu’une seule fois puis on le laisse sur une étagère. Lorsque l’on réfléchit à sa façon de consommer, envisager d’emprunter des livres peut totalement trouver sa place dans la mise en place de nouvelles habitudes de consommation plus douces pour l’environnement.

Et vous, êtes-vous inscrites dans une bibliothèque ? Quelles sortes de livres y empruntez-vous ? Si cela n’est pas le cas, cet article vous a-t-il donné envie d’essayer ?