2010 – 2020

On m’a dit que 2019 était une année de grands changements, au niveau des astres. La fin d’un cycle, le début d’un nouveau. Pour beaucoup d’entre nous, 2019 fut ainsi une année mouvementée avec, justement, de grands changements, qu’ils soient personnels ou professionnels. Dans mon entourage proche ou éloigné, je crois n’avoir jamais assisté à autant de séparations que durant ces douze derniers mois.

2019 est donc terminée, et les années 2010 aussi. Une décennie qui se termine et l’occasion d’y réfléchir. Cette semaine, j’ai pris le temps de penser à ces dix dernières années. Ce que j’ai traversé, accompli, réalisé, compris. Si aujourd’hui j’écris ces quelques lignes sur mon blog, c’est pour toutes celles et ceux qui se questionnent, pour toutes celles et ceux qui sont sur le chemin de la connaissance de soi, pour toutes celles et ceux qui aiment réfléchir à leur vie, mais aussi pour toutes celles et ceux qui sont là par hasard. Si cet article peut aider certain.es d’entre vous à réfléchir à leurs dix dernières années, alors le but sera atteint.

De mon côté, j’adore lire les bilans personnels d’autres personnes. Comment elles se sont construites, comment elles sont arrivées là où elles sont aujourd’hui, quels enseignements elles ont tiré de leurs diverses expériences. J’obtiens bien souvent des réponses à mes interrogations en écoutant les existences d’autrui. Leurs récits et leurs apprentissages sont comme de petites graines qui s’implantent en moi et que je fais ensuite germer. Je suis donc persuadée que les expériences individuelles peuvent être utiles à tous et toutes. C’est pourquoi, aujourd’hui, je partage mes réflexions quant à ces dix dernières années. Peut-être y trouverez-vous quelques graines pour vous-même.

Au début de cette décennie, en 2010, j’avais 22 ans. On m’avait dit « tu verras, la vingtaine, c’est bien, mais la trentaine, c’est encore mieux. Tu te connaîtras davantage et tu sauras ce que tu veux ». Aujourd’hui, j’ai 32 ans, et je peux dire que c’est totalement vrai. Même si je pense que l’être humain est en construction permanente tout au long de sa vie, j’ai vraiment l’impression d’avoir franchi un palier, d’avoir terminé la construction de mes bases durant ces dix années qui m’ont menées jusqu’à mes 30 ans. C’est simpliste mais je sais enfin qui je suis, ce que je veux et à peu près où je vais, et ce n’était pas le cas à 22 ans. C’est un sentiment qui a grandi petit à petit, lentement mais sûrement. Un sentiment qui dit « je suis comme ça et tant pis si ça ne convient pas aux autres ». Je trouve fascinant ce processus de développement à l’intérieur de soi, qui s’opère sans que l’on comprenne vraiment comment ça marche. Je ne reviendrai en arrière pour rien au monde. Et vous savez quoi, il paraît même que ça devient de mieux en mieux plus les années passent. De quoi nous réjouir du temps qui passe.

J’ai donc compris que vieillir est un cadeau et j’ai arrêté d’être angoissée par l’âge qui avance, mes rides qui se creusent et mes cheveux blancs qui se reproduisent un peu trop vite à mon goût. Je me souviens avoir dit, le jour de mon 23ème anniversaire « c’est le dernier anniversaire que je suis contente de fêter ». Quelle tristesse, cette société où vieillir, spécialement pour les femmes, est interdit. Dans le dernier film de Tarantino, le personnage joué par Leonardo DiCaprio dit à une petite fille de 8 ans : « tu verras ce que ça fait d’être inutile dans 15 ans ». Belle illustration des signaux que nous envoie la société en permanence. J’essaie vraiment de me détacher au maximum de ces injonctions à la jeunesse que nous servent les médias, les publicités et les grandes entreprises de cosmétiques. Je garde toujours en tête le fait que ces compagnies ont tout tout à y gagner que les femmes ne s’aiment pas comme elles sont. A qui vendraient-elles leurs crèmes anti-rides, anti-cellulite et leurs soins jeunesse si l’on pensait, au même titre que les hommes, que les femmes s’embellissent avec l’âge ? Chacune de nos rides raconte une histoire, soyons fières des histoires que l’on peut lire sur nos visages.

J’ai compris que le féminisme est essentiel et, en tant que femme, il m’aide énormément dans la vie de tous les jours, même s’il me fait constater les inégalités et les absurdités du sexisme ordinaire de façon plus criante au quotidien. Le féminisme m’encourage à prendre soin de moi, à me protéger, à m’aimer telle que je suis, à être en paix avec moi-même, à savoir ce que je veux et ce que je ne veux pas. Il m’a fait comprendre encore davantage à quel point la sororité est importante et à quel point il est primordial que les femmes cessent de se considérer comme des rivales. Le féminisme m’a fait découvrir des destins de femmes auxquelles je peux m’identifier, des vies qui me donnent envie et qui m’inspirent, des existences qui ne ressemblent pas à celles que je connaissais jusqu’à présent, et cela m’a fait beaucoup de bien.

J’ai compris la pluralité des existences qu’il est possible de mener. Que la voie diplôme – emploi – mariage – enfant – maison n’est pas la seule option. Pendant bien longtemps, j’ai cru que je n’avais pas d’autre choix, puisque c’est celui que font la plupart des gens. J’ai parfois l’impression que la société nous fait croire que c’est ce dont nous avons tous et toutes besoin sans exception et qu’enfin, lorsque nous aurons coché toutes ces cases, à nous le bonheur éternel. Je ne sais pas si cela marche vraiment ainsi mais de mon côté, ce n’est pas la vie que je désire. J’aurais aimé savoir que c’était possible et que cela ne faisait pas de moi quelqu’un de bizarre. (Petite précision car je ne voudrais pas que ce soit mal interprété : les choix de vie des uns n’annulent ni ne remettent en question les choix de vie des autres. Chacun.e vit sa vie comme il/elle le souhaite, et il n’y a pas de « meilleure » option – la meilleure étant celle qui nous correspond le mieux). Je veux être libre, voyager, avoir le maximum de temps pour moi, pour mes loisirs et pour mes amies. Je souhaite pouvoir passer des week-ends entiers à lire des livres sans me lever du canapé, à écrire jusqu’au milieu de la nuit, à faire des grasses matinées chaque fois que je n’ai pas besoin de mettre le réveil, je veux avoir le temps de flâner, de penser, le temps de ne rien faire.

Pour l’ensemble de ces raisons, j’ai pris la décision que je n’aurai pas d’enfants. A 22 ans, je n’étais pas bien sûre de ce que je voulais à ce sujet puis mon choix s’est affiné au fil du temps jusqu’à en devenir une certitude. Je me suis intéressée davantage aux childfree, j’ai beaucoup beaucoup réfléchi à la question, j’ai pesé les pour, les contre, j’ai observé, j’ai lu, j’ai envisagé et j’ai décidé. Je sais que rien n’est définitif dans la vie (je voulais six enfants quand j’avais 18 ans) mais aujourd’hui, à 32 ans, bientôt 33 ans, je pense que je ne changerai plus d’avis là-dessus. En tant que femme, ce fut un très long processus de réflexion et de déconstruction pour arriver à ce choix. Je me préparais à être maman depuis mon enfance et je crois n’avoir même jamais envisagé la possibilité de pouvoir ne pas le devenir. Après être passée par toutes sortes de phases, je suis maintenant en accord et en paix avec ma décision. Peut-être y consacrerai-je un article à l’avenir.

Au niveau professionnel, j’ai compris que la seule manière d’être épanouie pour moi, c’était de créer mon entreprise et d’être indépendante. Pouvoir travailler selon mes méthodes, élaborer mes propres processus, organiser mes horaires, ne pas avoir de patron.ne au-dessus de moi. J’ai compris que devoir aller au bureau 8h par jour me rendait très malheureuse. Je l’ai compris à 23 ans, quand j’ai quitté mon premier travail pour partir à Paris, mais à cette époque, je ne savais pas qu’il y avait d’autres possibilités que celle-ci pour avoir un salaire. J’ai découvert au fil de cette décennie qu’il y a autant de pluralité de vies professionnelles que d’individus et que la voie du salariat n’est pas la seule qui existe. Avoir mon entreprise est une option largement moins tranquille qu’être salariée, mais c’est celle qui me convient le mieux et je suis heureuse de l’équilibre que j’ai réussi à créer aujourd’hui, après tant d’années d’incertitudes. Tout ça pour dire que si aujourd’hui vous n’êtes pas satisfait.e dans votre travail, si vous n’avez pas encore trouvé votre voie, si vous ne savez pas encore ce qui vous épanouit, ce n’est pas grave. Vous pouvez continuer de chercher en lisant, en écoutant des podcasts consacrés au domaine professionnel et en prenant le temps de réfléchir à ce qui vous anime. Il n’est jamais trop tard.

Pour terminer, j’ai compris qu’on ne peut pas être aimé.e par tout le monde et on ne peut pas contrôler ce que les autres pensent de nous, peu importe combien on essaie. Il y aura toujours des personnes avec qui ça ne passe pas. Il y aura toujours des gens avec qui nous ne serons pas sur la même longueur d’ondes. A titre individuel, nous avons toutes et tous des personnes que nous n’aimons pas. Pourquoi vouloir, dans l’autre sens, que tout le monde nous aime ? C’est impossible. Un jour, alors que je me démenais pour prouver ma gentillesse à une personne en particulier, j’ai compris la chose suivante : à quoi bon m’évertuer à prouver que j’étais gentille à quelqu’un qui a décidé que je ne l’étais de toute façon pas ? Ce fut un déclic dans ma tête et j’ai pu l’appliquer à plein d’autres situations. On ne peut pas faire changer l’avis des gens sur notre personne lorsqu’ils ont décidé de nous voir d’une telle façon. A quoi bon perdre notre énergie dans ce type d’échanges qui ne nous apportent rien ? Consacrons-nous à celles et ceux qui nous connaissent réellement et qui nous aiment pour ce que nous sommes, c’est définitivement ce qui nous apportera le plus de joie et de bonheur dans nos vies.

Et pour vous, comment se sont passées ces dix dernières années ? Qu’avez-vous appris, compris, réalisé, accompli ?

6 commentaires

  • Carole
    janvier 4, 2020

    Coucou Mel!
    Bravo pour ton article et sa rédaction!
    Je trouve qu’il te reflète totalement. Bravo d’avoir pu l’exprimer ainsi. Au passage, je profite pour te souhaiter une merveilleuse année 2020! Des bisous.

    • Melody | Ally Bing
      janvier 4, 2020

      Coucou Carole,
      Merci beaucoup 🙂
      Je te souhaite une très belle année à toi aussi 🙂 Bisous xx

  • Cathy
    janvier 5, 2020

    Très bel article , quel parcours en à peine 10 ans! Je te félicite de vivre ta vie en pleine conscience et te souhaite une prochaine décennie remplie de sérénité et de bonheur.
    Gros bisous ma biche!

  • Amtiss
    janvier 6, 2020

    Eh bien je trouve ton bilan hyper positif et inspirant. C’est intéressant d’aller plus loin que 2019 et de réfléchir à tout ce qui s’est passé cette dernière décennie. Je partage un certain nombre de tes réflexions; je suis plus heureuse à 30 ans qu’à 20, sauf que j’ai le sentiment d’avoir tout juste posé mes fondations. Il faut maintenant que le tout se consolide! En tout cas, j’adore ton blog pour son ensemble (esthétique, thématiques…) mais aussi pour la maturité qui se dégage de ton écriture. Je le considère un peu comme un exemple 🙂 Très belle année à toi ♡

    • Melody | Ally Bing
      janvier 7, 2020

      Merci beaucoup Amtiss pour ces jolis mots qui me touchent beaucoup ♡
      Je te souhaite une très belle année 2020 et une belle continuation sur ton chemin avec toi-même ♡

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