Favoris culture #6

Voilà un petit moment que je n’avais pas partagé mes dernières découvertes sur le blog. Vous trouverez ainsi mes favoris dans les rubriques habituelles. L’une d’elle manque cependant à l’appel : celle consacrée aux livres. En effet, je n’ai pas trop eu l’esprit à la lecture en cette fin d’année. J’ai essayé pourtant, j’en ai commencé plusieurs mais je les ai tous laissé tomber en cours de route car je n’arrivais pas à me concentrer longuement dessus. Il y a des moments comme ça dans la carrière des lecteurs.ices, mais c’est bien souvent passager et il suffit d’attendre des moments plus propices. Je me suis dirigée vers des activités qui me demandaient moins d’effort, comme les séries ou les films de Noël que j’ai dévorés en grande quantité. J’espère retrouver mon aptitude à la lecture pendant les vacances car une pile de livres tous plus chouettes les uns que les autres m’attend patiemment dans la bibliothèque.

Comme d’habitude, vous trouverez ci-dessous des articles pour réfléchir, des séries, des podcasts, des concerts, à vous de piocher les éléments de cette liste qui sont susceptibles de vous intéresser. Je constate que la section Articles est assez longue. Si ce long pavé vous décourage, je vous propose de descendre directement à la rubrique Séries ! Bonne lecture !

ARTICLES

Pour démarrer, je voulais partager avec vous le résultat d’un test chez Microsoft Japon : ils ont réduit la semaine de travail à 4 jours tout en continuant à la payer sur cinq (les gens travaillent à 80% mais sont payés à 100%). Ils ont constaté que la productivité des employé.e.s a augmenté de 40 % ! « Microsoft dit s’y retrouver financièrement, avec des conséquences positives pour les employés (plus productifs, moins stressés), l’entreprise et l’environnement (avec des économies d’énergie et de papier). D’autres expériences de semaine de quatre jours ont été menées en Suède, en France, aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande, avec des résultats encourageants. » Je ne suis pas étonnée de ces résultats. Je suis convaincue que les gens seraient bien plus heureux s’ils pouvaient travailler moins. Moins, mais mieux, et donc plus efficacement. J’ai toujours trouvé qu’une semaine de cinq jours de travail est énorme. Où est le temps pour vivre là-dedans ? Pour prendre soin de soi ? Pour avoir du temps pour soi ? Plusieurs études à ce sujet ont montré que les gens atteignent un pic de bonheur le vendredi en fin de journée qui se maintient jusqu’au dimanche en milieu d’après-midi, moment où il commence à redescendre. Malheureusement, la réalité est telle que la plupart des gens sont contraints de travailler à 100% pour des raisons financières ou pour des raisons d’ascension professionnelle (sans oublier celles et ceux qui n’y voient aucun inconvénient). J’espère que, dans un futur pas si lointain, un changement des mentalités aura lieu afin que l’on puisse instaurer une réduction du temps de travail sans impact financier. « Responsabiliser les gens, laisser de l’autonomie, mais aussi mieux cadrer l’action de chacun. Beaucoup d’entreprises restent sur des règles floues. Il faut s’attaquer au « mythe du présentéisme », le fait d’arriver à 9h et de partir à 17h ou à 18h, voire, pour les cadres, ne pas partir avant 20h. » De mon côté, si un jour mon entreprise grandi suffisamment pour que j’aie besoin d’engager du personnel administratif, c’est ce modèle que j’appliquerai.

Depuis plusieurs mois, j’ai décidé d’écrire, sur mon blog et partout ailleurs, en écriture inclusive. Comme tout le monde, j’ai appris lorsque j’étais petite que le masculin l’emporte sur le féminin. A la base, cette maxime s’applique dans le domaine grammatical. Cela dit, si on pousse le raisonnement un peu plus loin, on constate que, finalement, le masculin l’emporte sur le féminin dans quasiment tous les domaines. Peu après avoir appris cette règle à l’école, je me revois encore très clairement demander à ma maman (je devais avoir 8 ou 10 ans #feministsinceforever) : « mais si dans une foule, il y a mille femmes et un seul homme, on va devoir dire ils ? ». J’en étais restée très perplexe et remplie d’un sentiment d’injustice. On peut penser que c’est anodin, on peut penser que ce n’est pas bien important. Au contraire, c’est très important et loin d’être banal. En ne parlant toujours qu’au masculin, c’est comme si on effaçait complètement une moitié de la population. « La grammaire n’est pas apolitique. Notre langue reste un lieu où l’on assigne l’autre à la subordination. Où les femmes ne sont pas légitimes. (..) Allez faire l’expérience de grandir dans cette langue qui subordonne tout au masculin régnant, et revenez débattre ensuite de l’héritage, de la littérature, de la culture même. Voyez si vous trouvez vos phrases légitimes, autant que celles de ceux qui peuvent tout accorder au genre qui est le leur. » Cela se retrouve aussi dans les noms de métiers. Pourquoi dit-on une infirmière, une nurse, une sage-femme, mais un auteur, un médecin, un professeur ? Notre langue est sexiste, mais cela n’a pas toujours été le cas, comme le relève Pascal Mark Gygax dans cet article : « La langue française a vécu un tournant au XVIIe siècle qui a donné cette valeur « par défaut » au masculin. Au XVIIe, l’Académie française a décidé de retirer certains mots comme autrice, mairesse, médecine pour signaler aux femmes que ces métiers étaient réservés aux hommes ». Intéressant, n’est-ce pas ?

Les féministes reçoivent bien souvent bon paquet d’insultes, et dans le lot, celui de féminazie. Paul B. Preciado a écrit un merveilleux article à ce sujet. Je pourrais le copier entièrement ici tant il résonne juste du début à la fin. En voici quelques extraits, mais je vous conseille vivement de le lire dans son intégralité. « Rien ne justifie l’utilisation de l’adjectif «féminazie» pour qualifier les demandes de reconnaissance des femmes, des trans, des homosexuels ou des personnes de sexe non-binaire en tant que sujets politiques souverains. (..) Lorsque nous aurons violé et démembré le même nombre d’hommes que vous l’avez fait avec des femmes, ou avec des homosexuels ou des transsexuels, simplement parce qu’ils seront des hommes, ou parce que leur corps ou leurs pratiques ne correspondront pas à ce que nous entendons par une bonne masculinité hétérosexuelle soumise, alors vous pourrez nous appeler féminazies. Quand nous aurons décidé dans un Parlement composé uniquement de femmes, dans un conseil d’administration composé uniquement de femmes, qu’un homme pour le simple fait d’être un homme doit être moins bien payé qu’une femme dans n’importe quel emploi et dans n’importe quelles circonstances, alors vous pourrez nous appeler des féminazies. Quand vos jambes trembleront lorsque vous traverserez une rue sombre et que vous chercherez avec crainte les clés de votre porte dans vos poches pour entrer chez vous le plus vite possible, quand une silhouette féminine au fond d’une allée vous fera vous retourner et courir, lorsque les rues de toutes les villes seront nôtres, alors vous pourrez nous appeler des féminazies. Lorsqu’au lieu de commenter Freud et Lacan nous interpréterons votre sexualité masculine hétérosexuelle, vos attentes et votre plaisir selon les théories de Valerie Solanas et Monique Wittig, alors vous pourrez nous appeler des féminazies. Lorsque vos mères, vos tantes, vos cousines, vos sœurs, vos amies et vos épouses auront toujours quelque chose à dire sur votre façon de vous habiller, de vous coiffer, de parler, d’être laid ou gros, beau ou mince, et quand elles vous le diront constamment, à voix haute, devant tout le monde, et prétendront vous faire plaisir avec cette forme de contrôle, lorsque nous appellerons cette forme de langage «galanterie féminine», alors vous pourrez nous appeler des féminazies. Quand nous sortirons en groupe pour nous payer un travailleur du sexe précaire que nous trouverons à moitié nu sur les bords des routes de la périphérie des villes, un homme jeune souvent migrant à qui on ne reconnaîtra pas le droit au travail, qui sera considéré comme un criminel et qu’une police composée presque uniquement de femmes aura le droit de violer et de harceler, alors oui, à ce moment-là, lorsque nous payerons cinq euros un travailleur du sexe pour une petite succion clitoridienne dans une voiture, alors vous pourrez nous appeler des féminazies. Et même si, un jour, nous vous soumettons, nous vous exotisons, nous vous violons et vous tuons, si nous accomplissons une tâche historique d’extermination, d’expropriation et de soumission comparable à la vôtre, nous serons alors tout simplement comme vous. Alors, oui, à ce moment-là, nous pourrons partager avec vous l’adjectif nazi« .

Je vais faire court pour la présentation de cet article qui traite du regret d’être mère et qui retranscrit les témoignages de plusieurs femmes. Si la maternité reste quelque chose de merveilleux pour beaucoup, je crois qu’il est important de pouvoir faire une place pour celles qui s’y sont engagées et qui, finalement, ne s’y retrouvent pas. Les femmes interrogées parlent du poids d’être mère, de la difficulté de gérer le quotidien avec des enfants et de toutes les tâches qui vont avec, mais aussi de cet idéal de la maternité, de cet accomplissement ultime en tant que femme qu’on leur a présenté depuis toujours et qui, finalement, ne se révèle pas tout à fait exact.

Pour terminer, je souhaitais partager cet article publié sur le blog de Jessica DollyJessy qui traite de la différence de libido entre les femmes et les hommes (je vous conseille chaleureusement de le lire en entier en cliquant sur le lien). Elle aborde un sujet important bien souvent emprunt de grands préjugés : on dit que les hommes ont des pulsions sexuelles incontrôlables (ce qui justifie leurs infidélités et leur appétit sexuel débordant), pendant que les femmes sont beaucoup moins portées sur la chose. Jessica fait le constat suivant : « Vous connaissez le nombre de femmes qui ne connaissent jamais l’orgasme pendant leurs rapports ? Et qui se contentent de cette situation sans vraiment en parler à leur mec ? Et qui simulent pour qu’il finissent leur petite affaire car ça fait déjà 5 minutes qu’elles regardent le plafond qui d’ailleurs, mériterait un petit coup de peinture ? Elles sont nombreuses. Vous connaissez le nombre d’hommes qui pensent que leur nana a joui après une pénétration de 5 minutes sans se soucier de l’utilité d’un clitoris ? Et qui se laissent berner par des cris artificiels ? Ou pire, qui ne se posent même pas la question ? Ils sont nombreux. Donc si on fait le calcul ça donne des femmes qui ne jouissent pas souvent, qui font pourtant semblant de jouir, qui faute de satisfaction régulière voient donc leur libido se casser la gueule, ou du moins l’envie de s’y atteler. Ça donne des mecs qui jouissent quasiment à chaque rapport, et voient ainsi leur libido alimentée en permanence. Résultat, elles, elles n’ont pas envie, eux ils ont très envie. (..) Les femmes qui repoussent les avances trop régulières de leur mec le font donc en partie car elles savent qu’une fois que Monsieur aura joui, tout sera terminé. Si tu sais que ton bigmac va être dégueulasse, tu vas pas te taper 600 calories pour rien non ? Bah là c’est pareil. Autant mater Netflix. »

SÉRIES

Un petit bijou de série tout droit venue de Norvège pour Noël : Home For Christmas sur Netflix. On y suit les aventures de Johanne, une célibataire sur qui la famille fait pression pour qu’elle trouve un petit ami. Pour avoir la paix, elle va annoncer qu’elle est en couple et que l’heureux élu sera présent à Noël. Il lui reste alors quelques semaines pour dénicher un petit copain, qu’elle va essayer de trouver en participant à des speed dating ou sur des applications. Johanne est profondément attachante et c’est un vrai plaisir de la suivre dans ses aventures. C’est émouvant, touchant et drôle, pas du tout cul-cul comme la plupart des films de Noël. J’ai adoré-adoré-adoré, je vous la conseille à 1000%.

Je suis tombée par hasard sur un épisode de Fleabag* sur la BBC et j’ai immédiatement accroché. Fleabag est une trentenaire vivant à Londres et propriétaire d’un café. La particularité de cette série réside dans le fait que Fleabag parle, par moment, directement aux téléspectateurs.ices en regardant la caméra. On se sent alors complètement dans l’histoire avec elle. On y découvre ses déboires amoureux et les mésaventures avec sa famille (de son père remarié avec sa marraine ou encore du mari de sa soeur infidèle et alcoolique). C’est très très drôle et on s’attache bien vite à notre chère Fleabag !

Sur les conseils d’une amie, j’ai commencé The Marvelous Mrs. Maisel*. L’histoire se passe dans les années 1950 à New York. Miriam Maisel est une jeune mariée, mère de deux enfants, et femme au foyer. Elle consacre la majeure partie de son temps à s’apprêter pour son mari et à le soutenir dans son désir d’être un humoriste reconnu. Malheureusement – ou heureusement -, celui-ci lui annonce qu’il la quitte. La vie de Miriam va donc prendre un tout autre tournant. Une très belle série, rigolote, touchante et rafraîchissante qui montre l’émancipation d’une femme dans ces années-là.

Pour terminer, je voulais vous parler de The Morning Show, une série disponible sur l’Apple TV, avec Jennifer Aniston et Reese Witherspoon. L’histoire se passe à New York au sein d’une émission matinale appelée The Morning Show que présentent Alex Levy et Mitch Kessler depuis quinze ans. Lors du premier épisode, on découvre que Mitch est viré pour cause d’harcèlement sexuel. Cette série, qui se déroule en plein pendant Me Too, montre de façon très subtile comment s’organise un système dans lequel le harcèlement sexuel est toléré. On voit que tout le monde est au courant et se tait, on voit comment les hommes qui agissent ainsi sont protégés, on voit la réaction de Mitch qui refuse de se considérer comme un agresseur. C’est passionnant et ultra bien écrit.

* Ces deux séries sont sur Prime Video, l’abo est à 4 euros par mois la première année.

PODCASTS

Distorsion est un podcast québécois présenté par Emile Gauthier et Sébastien Lévesque dans lequel ils racontent des histoires étranges survenues ces dernières années. On y découvre donc des récits de crimes, des disparitions mystérieuses ou encore des conspirations. 67 épisodes d’environ une heure sont disponibles, j’en ai pour l’instant écouté sept et j’ai totalement accroché. En bonus, ce très joli accent canadien qui me plaît beaucoup !

Petite sélection : Épisode 32 : Kris Kremers & Lisanne Froon, disparues dans la jungle / Épisode 33 : La boîte mystérieuse de Lori Erica Ruff / Episode #64 : Le cas troublant de Chris Watts

Pas son genre de Giulia Foïs a fait son apparition au mois de septembre sur France Inter. Sous la forme de chroniques d’environ quatre minutes et d’une émission hebdomadaire de 50mn, Giulia Foïs aborde les questions de genre avec humour et perspicacité. Elle manie les mots à la perfection et traite de sujets aussi passionnants que multiples. Faites un petit tour sur la page de l’émission et choisissez d’écouter celui dont le titre vous interpelle.

Petite sélection : Les sorcières : nouvelles icônes féministes / Megan Rapinoe remporte le ballon d’or sans grande pompe / Adèle Haenel / Joue-là comme Polanski

Dans le récit en six épisodes du podcast Dr LaMort, on découvre l’histoire de Christopher Duntsch, un médecin se présentant comme le meilleur neurochirurgien de tout Dallas, qui a blessé plus de 30 patients au cours de sa courte carrière. Dans cette enquête menée par une journaliste, on entend les interventions d’anciens ami.es et proches de Chris et on s’aperçoit à quel point le silence et le laisser-aller de certains hôpitaux ont conduit à une telle catastrophe pour les patient.es.

DIVERS

Jeudi soir, je suis allée voir une pièce basée sur le journal d’Anne Frank au Théâtre de Vidy. C’est une superbe adaptation où l’on découvre Anne Frank autrement : perspicace, drôle et avec une conscience du monde impressionnante pour son âge. Les actrices et l’acteur jouent merveilleusement bien et on passe un vrai bon moment où, contre toute attente, on rigole beaucoup. Si cela vous tente, il y a encore quelques représentations jusqu’au 19 décembre à Lausanne.

Au mois de novembre, je suis allée voir Angèle à l’Arena de Genève avec mes copines. Un super concert avec une super ambiance, le public qui chante toutes les paroles à l’unisson et Angèle qui est au top du top. On s’est éclatées !

Il y a deux semaines, je suis partie à Lyon avec une copine pour voir le concert Born in 90 qui réunit les chanteurs et chanteuses des années 90. Au programme : les Worlds Apart, un groupe qui réunit Frank des 2be3, Chris des Gsquad et Alan Théo, Larusso, Lââm, Menelik, Séverine Ferrer et plein d’autres. Ils/elles interprètent leurs chansons mais aussi tous les tubes de cette décennie. Nous avons passé plus de 2h sur un petit nuage à crier chanter Partir un jour, Je te donne et Tu m’oublieras, et on avait de nouveau 8 ans ! C’était tellement cool qu’on a pris nos billets pour l’année prochaine en embarquant trois autres copines avec nous puisque la tournée passera par Genève. Si vous nous cherchez, on sera tout devant avec des t-shirts des 2be3 et des Worlds Apart. Vivement décembre 2020 haha.

Bonnes découvertes !

Et n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires 🙂

4 Responses
  • Virginie
    décembre 16, 2019

    Merci pour tes recommandations, en particulier les séries et les podcasts 🙂
    Belle journée
    Virginie

  • Pam
    décembre 19, 2019

    Que de sujets intéressants! J’ai de la lecture en perspective pour cette période de fêtes car j’ai envie de lire les articles dont tu parles…
    Je viens de dévorer « Home for Christmas »! J’ai trouvé l’actrice très juste et extrêmement attachante. Arrivée au bout du 6 ème épisode, je regrettais que ça s’arrête déjà!
    Je te souhaite de lumineuses fêtes et je t’embrasse bien fort 😘

    • Melody | Ally Bing
      décembre 20, 2019

      Coucou Pam,
      Cool alors, j’espère que tout ça te plaira 🙂 Ahh Home for Christmas, trop chouette hein ! Oui on aurait bien voulu que ça continue haha 😉
      Merci et belles fêtes à toi aussi ! Gros bisous <3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *