Journée des femmes : bilan de la situation actuelle

L

e 8 mars est la journée internationale des droits des femmes célébrée dans le monde entier depuis 1911. Le 19 mars de cette année-là, la première journée internationale des femmes a lieu et revendique leur droit de vote, le droit au travail et la fin des discriminations dans ce domaine. La date n’étant pas fixée, c’est à partir de 1917 avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg que la tradition du 8 mars se met en place. Officialisée en 1977 par les Nations Unies, cette journée est aujourd’hui l’occasion de faire un bilan des conditions des femmes à travers le monde et de manifester contre les inégalités qui perdurent encore de nos jours.

De mon côté, tout a commencé en 1996 lorsque j’avais 9 ans avec les Spice Girls. Je ne me rappelle plus exactement comment je les ai découvertes ni pourquoi j’ai commencé à les aimer. Je me rappelle juste que je les ai tout de suite adorées et qu’elles sont devenues ma passion durant deux ans. J’avais des posters sur tous les murs de ma chambre, un classeur géant avec leurs articles parus dans les magazines, les albums photos à collectionner, le film, le livre, le parfum, le t-shirt, le pull, les chaussures, les mèches rouges et blondes. Dans toutes leurs interviews, elles parlaient du Girl Power, elles disaient aux filles de prendre le pouvoir, de ne pas se laisser faire par les garçons, de s’assumer telle que l’on est, d’avoir confiance en soi, elles prônaient la tolérance, le respect et l’amitié.

Je me demande si je suis devenue féministe grâce aux Spice Girls ou si cela était en moi de toute manière. A 9 ans, je ne sais pas si on peut dire qu’on a des prédispositions au féminisme. Ce que j’en conclus aujourd’hui, c’est que j’ai grandi avec les Spice Girls et le Girl Power. Durant deux ans, ces années où je grandissais, je lisais et j’écoutais toutes leurs interviews avec toujours le même message. C’est normal que ce soit fini par rentrer et faire totalement partie de moi. Très tôt, l’inégalité du partage des tâches à la maison m’a dérangée et je m’énervais contre mon père qui n’aidait pas ma mère. Chaque fois que je lui en faisais la réflexion, il m’appelait MLF (mouvement de libération des femmes). Ce qui me fait vraiment beaucoup rire aujourd’hui. J’avais 10 ans et je luttais déjà apparemment. Les inégalités entre les hommes et les femmes, la condition des femmes dans le monde, les violences faites aux femmes, les injustices, le partage inéquitable des tâches domestiques, tous sont des sujets très importants et dont leur défense me tient à cœur.

Aujourd’hui, la journée des femmes célèbre ses 105 ans. Si certaines batailles ont été gagnées, comme le droit de vote par exemple (et pas encore dans tous les pays), il est triste de constater que rien n’est acquis. Tout peut rebasculer, il faut lutter en permanence pour garder nos droits. Par exemple, le Sénat espagnol a définitivement approuvé le 9 septembre la réforme de la loi sur l’avortement qui interdit aux mineures d’avorter sans consentement parental, en France, certains élus souhaitent ôter les subventions au planning familial, etc. Ces retours en arrière nous montrent qu’il ne faut jamais relâcher le combat, rien n’est acquis pour toujours et il faut rester vigilant.

Un sondage demandé par l’association Mémoire traumatique et victimologie à Ipsos paru la semaine dernière a obtenu des résultats terriblement choquants : 61 % des Français et 65 % des Françaises considèrent qu’un homme a plus de mal à «maîtriser son désir sexuel qu’une femme». Pour quatre Français sur dix, la responsabilité du violeur est moindre si la victime se montre aguichante et pour deux sur dix, un «non» veut souvent dire «oui». Quant à se tourner vers la jeunesse pour espérer une évolution des mentalités, il ressort de cette enquête que 30,7 % des 18-24 ans assurent «que les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d’une relation sexuelle». Au final, comme tant de témoignages de femmes violées le rapportent, la victime est la coupable. [Source : La Dépêche]

Comme le 8 mars est l’occasion d’effectuer un bilan de la condition actuelle des femmes dans le monde, je vous propose le mien avec des chiffres récoltés sur plusieurs sites. Ils concernent l’état en 2015.

Dans l’Union européenne :

♦ Les femmes gagnent en moyenne 16% de moins que les hommes pour le même travail alors qu’elles sont généralement plus qualifiées. Et plus le salaire est élevé, plus l’écart se creuse (une directrice gagnera moins qu’un directeur).
♦ Les femmes représentent 56,9% des étudiants inscrits à l’Université contre 43,1% des hommes.
♦ La majorité des travailleurs à temps partiel sont des femmes. 34,9% de femmes contre 8,6% d’hommes.
♦ Qu’elles travaillent ou non, les femmes consacrent chaque jour 3h52 aux tâches quotidiennes contre 2h24 pour les hommes.
20% de femmes actives ont dû faire face à une situation de harcèlement sexuel au cours de leur vie professionnelle.
♦ Une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son compagnon en France.

Lorsque les femmes sont majoritaires dans une profession déterminée, elles perçoivent également un salaire inférieur. C’est l’inverse pour les hommes: plus ils sont représentés dans une profession, plus leur rémunération est élevée. Par exemple, dans les professions très féminisées, comme les services de nettoyage, les femmes gagnent moins que leurs homologues masculins dotés d’aptitudes similaires qui exercent des professions à dominante masculine, comme la collecte des ordures ménagères. Les compétences et les aptitudes des femmes sont souvent sous-évaluées parce qu’elles sont perçues comme étant le reflet de caractéristiques intrinsèquement féminines, et non comme des aptitudes et des compétences acquises. [Source : Éliminer l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes]

Dans le monde :

 ♦ 1 femme sur 3 a déjà été victime de violence.
♦ 4,5 millions de personnes sont victimes d’exploitation sexuelle (98% sont des femmes).
♦ 720 millions de filles sont victimes d’un mariage précoce, dont 250 millions avant l’âge de 15 ans.
♦ Les femmes en Inde sont stérilisées à la chaîne dans des conditions atroces. Ces campagnes de stérilisations sont subventionnées par l’Etat.
♦ Des petites filles continuent d’être excisées chaque jour dans le monde. On estime à 133 millions le nombre de femmes ayant été victimes de cette torture.

Par ailleurs, savez-vous que 100% des femmes qui prennent les transports publics ont été ou vont être victimes de harcèlement sexuel ? Le site Paye ta shneck permet aux femmes de témoigner de ce qu’elles endurent tous les jours. Je ne vais jamais lire ce site car ça me révolte tellement que j’en ressors désespérée. Je ne comprends pas. Vraiment, je ne comprends pas pourquoi. Pourquoi certains hommes sont-ils ainsi ? N’ont-ils pas été éduqué ? Leur a-t-on appris qu’il est interdit de violer une femme ? Interdit de l’insulter, interdit de la taper, de la traiter de sale pute, interdit de la harceler, de la suivre dans la rue, de lui faire des réflexions sur sa tenue ? Qu’une femme a le droit de s’habiller en jupe sans pour autant passer pour une aguicheuse, une provocatrice, une qui cherche le viol. Les femmes n’ont-elles pas le droit d’être dans l’espace public comme les hommes et ne pas craindre perpétuellement une éventuelle agression par un cinglé ? Que cherchent les hommes qui interpellent les femmes en les sifflant ? Est-ce qu’une seule fois, cette technique d’approche a fonctionné ? Je suis sûre que non. Mais alors, pourquoi le font-ils ? Pourquoi parlent-ils ainsi ? Pourquoi manquent-ils autant de respect aux femmes ? Quel est le problème dans leur cerveau de malade ?


SUITE A CES CONSTATS, QUE POUVONS-NOUS FAIRE ?

Comme il est difficile d’agir au niveau global, comme pour l’écologie, il est nécessaire de faire des actions qui peuvent être faites à notre niveau. Tout comme le colibri, je vous encourage à faire votre part. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire du colibri, je vous la résume en quelques phrases. Un jour, un grand incendie survint dans une forêt. Tous les animaux observaient le désastre, terrifiés, impuissants, ne sachant que faire. C’est alors qu’ils remarquèrent un petit colibri qui était le seul à s’agiter. Il allait chercher de l’eau avec son bec qu’il jetait sur les flammes. Les autres animaux lui dirent alors que cela ne servait à rien car ce n’est pas avec quelques gouttes qu’il éteindrait le feu. Le colibri répondit alors : je sais, mais je fais ma part.

La morale de cette histoire est que si chaque personne, à son niveau, fait un geste, alors cela apporte des améliorations au collectif. Comme disait Gandhi, soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. A votre niveau, vous pouvez agir pour la répartition égale des tâches domestiques au sein de votre maison, vous pouvez ne pas être d’accord et le dire lorsqu’un de vos collègues gagne plus alors que vous faites le même travail, il faut porter plainte lorsque vous êtes victime de harcèlement ou de violence (seulement 10% le font), il faut se soutenir entre femmes, il faut inverser ce sondage qui montre que les femmes pensent également qu’une victime de viol l’a bien cherché.

Les filles, ayez confiance en vous et en vos compétences (les femmes ont toujours tendance à moins bien se vendre que les hommes sur le marché du travail). Soutenez-vous, aidez-vous les unes les autres, agissez ensemble pour le bien de toutes. Les femmes font ce que l’on appelle la double journée. Celle au travail, puis celle à la maison (récupérer les enfants, faire les devoirs, à manger, les tâches domestiques). Il faut se rendre compte de tout le travail accompli chaque jour dans le monde par toutes ces femmes ! Il faut être fières de ce que vous faites. Non, ce n’est pas facile, non ce n’est pas quelque chose de naturel. C’est un travail énorme. Pour moi, les femmes sont des héros du quotidien et je trouve totalement injuste que leur travail ne soit pas reconnu à sa juste valeur. J’espère qu’en faisant des petits pas, un jour nous pourrons être totalement à l’égalité des hommes sur tous les domaines. Nous le méritons.


POUR ALLER PLUS LOIN..

Pour ceux qui le souhaitent, voici une petite sélection de vidéos qui  m’ont marquées et qu’il est intéressant de visionner pour poursuivre la réflexion :

# Les deux premières ont été réalisées par la marque Always pour montrer le poids que la société fait peser sur les femmes. La pression, les attentes, les restrictions qui leur sont imposées.

# La troisième met en scène des petites filles déguisées en princesses qui disent non au sexisme. Le langage est volontairement vulgaire, pour que le message soit entendu et que cela nous marque.

# La quatrième m’avait vraiment choquée lorsque je l’ai vue il y a quelques mois. C’est un centre de désintoxication espagnol qui a réalisé cette expérience. Une femme fait semblant d’être ivre en pleine ville au milieu de la journée. On voit alors la réaction des hommes. Ça me révolte tellement. Cette expérience a été réalisée dans plusieurs villes du monde et partout ce sont les mêmes résultats.

# La cinquième est la jolie intervention de Patricia Arquette lorsqu’elle a gagné l’Oscar du meilleur second rôle féminin en 2015.

Et surtout les filles, n’oubliez pas :

GIRL POWER !

1 commentaire

  • Svet
    mars 8, 2016

    Super article. J’ai appris plein de choses.
    Comme toi, je me considère comme féministe et je continuerai … comme le colibri.. à faire ma part et à lutter… pour moi mais aussi pour les autres.
    Je te souhaite également un Joyeux Anniversaire !!! Quelle chance d’être née en ce jour qui célèbre la femme!
    Passe une très bonne journée et aussi plein de plaisir pour ton cours de photo!
    Gros bisous
    With lots of love baby.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *